Le 23 avril 2026
Introduction
La CODP se réjouit de pouvoir présenter ce mémoire en réponse à la Consultation sur l’amélioration du rapport d’utilisation de la force par la police.
Le ministère du Solliciteur général (le ministère) sollicite les avis concernant d’éventuels ajouts ou modifications au contenu et à la structure du formulaire du rapport d’utilisation de la force (UF) par la police. Dans le but d’appuyer la consultation, le ministère a dressé une liste de questions pour orienter la rétroaction, notamment :
- Comment les personnes, les organisations et les communautés utilisent-elles actuellement les renseignements contenus dans le rapport d’UF?
- Quels renseignements supplémentaires pourraient être inclus pour mieux définir le contexte des incidents?
- Quelles modifications pourraient renforcer la valeur du rapport d’UF pour les besoins en matière de politiques, de recherche ou de rapports?
- Comment les renseignements recueillis pourraient-ils être mieux utilisés ou analysés pour soutenir la formation, les politiques et les procédures, les besoins des communautés, la transparence et la responsabilité?
La CODP salue les efforts déployés par le ministère pour renforcer le cadre de déclaration d’utilisation de la force. Le mémoire de la CODP relève les lacunes et les besoins en matière de renseignements, et formule des recommandations visant à améliorer la capacité du ministère et des services de police à surveiller et à analyser les données issues des rapports sur l’utilisation de la force, conformément aux objectifs de la Loi contre le racisme (LCR) et du Code des droits de la personne de l’Ontario (le Code).
La CODP formule les recommandations suivantes :
- Combler les lacunes dans l’analyse des données disponibles sur l’utilisation de la force en :
- déclarant et en analysant les données relatives à tous les incidents mortels.
- utilisant les meilleures données disponibles pour établir des repères et mener une analyse de la disproportionnalité et des disparités.
- déclarant et en analysant les données relatives à tous les incidents mortels.
- Élargir la portée des données recueillies à l’aide des formulaires sur l’utilisation de la force en :
- incluant l’ensemble des données sur les incidents d’utilisation de la force de moindre gravité.
- poursuivant les efforts visant à recueillir des données intersectionnelles concernant la race et la santé mentale.
- incluant l’ensemble des données sur les incidents d’utilisation de la force de moindre gravité.
- Revoir le format des rapports sur l’utilisation de la force afin de l’aligner sur l’objectif de la LCR en :
- modernisant la stratégie de données du cadre de déclaration d’UF.
- mettant à jour le guide provincial pour améliorer la normalisation.
- modernisant la stratégie de données du cadre de déclaration d’UF.
Faire avancer la cause des droits de la personne dans les services policiers.
La CODP est un organisme indépendant de défense des droits de la personne créé en vertu du Code. Ses fonctions consistent notamment à promouvoir et à faire respecter les droits de la personne en Ontario, à reconnaître le caractère d’intérêt public de cette mission, ainsi qu’à s’acquitter de son devoir de protéger l’intérêt public, à cerner les pratiques discriminatoires systémiques en Ontario et à œuvrer à leur élimination.
La lutte contre la discrimination au sein des services de police constitue un volet important du travail de la CODP. La CODP a collaboré avec les services de police pour créer des ressources visant à aider ces derniers à reconnaître, surveiller et réduire la discrimination.1 Elle a présenté des avis au gouvernement et à des examinateurs indépendants sur la manière de lutter contre la discrimination systémique dans les services de police.2
La CODP utilise les renseignements collectés dans les données d’UF pour étayer ses travaux de recherche, l’élaboration de politiques et ses recommandations. Par exemple, dans le cadre de son enquête sur le racisme contre les personnes noires au sein du service de police de Toronto (l’enquête), la CODP s’est appuyée sur les données d’UF, ainsi que sur d’autres sources d’information, pour mettre en évidence les schémas de discrimination raciale dans l’utilisation de la force par la police.3 Ces travaux ont servi de base aux recommandations visant à modifier les procédures et les politiques, notamment en améliorant les pratiques de collecte et d’analyse des données.4
Par ailleurs, dans ses rapports Un impact collectif,5 Un impact disparate,6 et De l’impact à l’action,7 la CODP s’est appuyée sur les conclusions tirées des données sur l’utilisation de la force pour analyser l’intersection entre l’origine ethnique et la santé mentale dans ce contexte, et a formulé des recommandations visant à recenser et à éliminer les disparités intersectionnelles.
Au niveau provincial, la CODP utilise les données d’UF pour formuler des recommandations visant à améliorer la collecte et la communication des données. Dans Un Cadre pour un changement destiné à lutter contre le racisme systémique dans les services policiers (le Cadre), la CODP recommande que tous les services de police de l’Ontario soient tenus de collecter des données fondées sur la race dans l’ensemble des interactions policières avec les civils. 8 De plus, dans sa Politique sur l’lélimination du profilage racial en contexte de maintien de l’ordre (Politique sur le profilage racial), la CODP affirme que les forces de l'ordre doivent effectuer une collecte de données appropriée pour surveiller efficacement le profilage racial et pour recenser et éliminer les préjugés systémiques.9
La CODP utilise également les données d’UF pour déterminer si les pratiques policières sont conformes aux principes des droits de la personne. Dans sa Politique sur le profilage racial, la CODP souligne que ces données ne peuvent être interprétées sans tenir compte des facteurs contextuels pertinents. Lorsque les données révèlent un problème, les organisations d’application de la loi ont l’obligation positive d’agir pour réduire la discrimination.10
Besoins en matière de renseignements et lacunes dans les données
En vertu du Règlement sur l’usage de la force et des armes (Règl. de l’Ont. 391/23), pris en vertu de la Loi de 2019 sur la sécurité communautaire et les services policiers (LSCSP), les services de police sont tenus de collecter des données fondées sur la race lors d’incidents spécifiques liés à l’utilisation de la force. 11 En vertu de la LCR et de son règlement d’application (Règl. de l’Ont. 267/18),12 le ministère exige en outre la collecte, l’analyse et la publication de données fondées sur la race dans les cas d’utilisation de la force par la police, afin de définir les inégalités systémiques et d’y remédier. 13
Toutefois, la CODP s’inquiète du fait que le cadre actuel de déclaration de l’UF limite la capacité du ministère à s’acquitter de ses obligations au titre de la LCR et du Code, en raison des lacunes dans les renseignements et les données recueillies dans les rapports sur l’utilisation de la force.14
1. Combler les lacunes dans l’analyse des données sur l’utilisation de la force en :
a. déclarant et en analysant les données relatives à tous les incidents mortels.
Malgré les exigences claires prévues par la ARA et le Règlement 391/2315 le Rapport technique de 202516 indique que les rapports d’utilisation de la force ne sont pas disponibles pour tous les incidents mortels impliquant des membres du public et la police. La collecte de données et la production de rapports sur l’utilisation de la force jouent un rôle essentiel dans la surveillance systémique de ces incidents. À ce titre, les services de police doivent faire preuve de transparence et se conformer strictement à la LCR et au Règl. de l’Ont. 391/23 dans le traitement des incidents mortels.
La LCR et le Règl. de l’Ont 391/23 exigent que les agents, les superviseurs ou tout agent désigné par un superviseur déclarent tous les cas où un agent décharge une arme à feu, utilise une arme ou utilise la force contre une autre personne, entraînant une blessure nécessitant l’intervention d’un médecin, d’une infirmière ou d’un ambulancier paramédical.17 Le rapport technique de 2025 précise en outre que les agents sont tenus de déclarer si les blessures physiques découlent de leur recours à la force.18 Ce cadre établit clairement qu’un rapport doit être rédigé lorsque les blessures causées lors d’une intervention policière entraînent le décès de la victime, à quelques exceptions près.19
Malgré ces exigences, le Rapport technique de 2025 souligne qu’aucun rapport sur l’utilisation de la force n’est disponible pour quatre (4) des douze (12) personnes décédées à la suite de l’utilisation de la force par la police en 2024. Cette lacune mine les objectifs de la LCR et des normes relatives aux donnés de l’Ontario, dans un domaine où il est essentiel d’analyser rigoureusement les données pour élaborer des solutions concrètes susceptibles de sauver des vies. L’absence d’explications claires concernant ces lacunes empêche les parties prenantes, ainsi que le grand public, de déterminer si les agents omettent de remplir les rapports d’utilisation de la force après des incidents mortels, ou si ces rapports ne sont pas transmis au ministère après avoir été remplis par l’agent.
Tout manquement aux obligations en matière de collecte de données et de déclaration doit être expliqué au public ou donner lieu à des mesures disciplinaires appropriées afin de garantir la responsabilité, sous réserve des exceptions prévues par la loi.20 Les lacunes dans la collecte et la communication des formulaire d’utilisation de la force compromettent la fiabilité des données recueillies. Conformément au Règl. de l’Ont 391/23, ces données doivent servir de base aux examens annuels des procédures en matière d’utilisation de la force et aux rapports annuels présentés aux commissions des services policiers ou au ministère 21
b. utilisant les meilleures données disponibles pour établir des repères et mener une analyse de la disproportionnalité et des disparités.
La norme relative aux données no 29 stipule que les organisations du secteur public, y compris les services policiers, doivent produire des indices de disproportion raciale ou de disparité raciale pour chaque unité d’analyse, au moyen d’une population de référence appropriée.22 La population de référence sert de norme par rapport à laquelle les données relatives à l’utilisation de la force peuvent être comparées, évaluées ou mesurées. Cette analyse fait partie des exigences minimales relatives aux données fondées sur la race recueillies conformément à la LCR.
En réponse à cette exigence, le rapport technique 2025 indique que, dans la mesure du possible, le ministère a calculé les indices requis, cependant, « … le Ministère n’est toujours pas en mesure de calculer la disproportion raciale pour le recours à la force par la police qui tienne compte de la fréquence à laquelle les membres de différents groupes raciaux entrent en contact avec la police. » Selon le Rapport technique de 2025, l’absence d’un repère23 approprié constitue une contrainte majeure qui empêche le ministère de produire les indices de disproportion relatifs à l’utilisation de la force par la police requis par les Normes relatives aux données.
La norme relative aux données no 30 exige de choisir des repères adaptés qui « qui mettent en évidence la population admissible la plus significative à laquelle les répercussions sont applicables ».24 Dans ses lignes directrices, la norme relative aux données no 30 indique aussi que les organismes du secteur public doivent choisir les « meilleurs ensembles de données existants », par exemple, les ensembles de données de Statistique Canada pour l’établissement de groupes de population de référence en Ontario. 25
Le Rapport technique de 2025 reconnaît qu’il est « relativement courant que les chercheurs utilisent les données sur la population résidente du recensement comme population de référence pour calculer les disproportions », et note que cette approche peut fournir des « renseignements précieux ». 26 Néanmoins, le Rapport n’emploie pas cette approche, en raison des limites27 liées à l’utilisation des populations de références.
Malgré les limites relevées dans le Rapport technique de 2025, les données de référence issues du recensement de la population ont été reconnues comme un point de départ utile. Elles peuvent fournir un contexte important pour d’autres repère qui pourront être ajoutés à l’analyse, une fois disponibles. Les données de référence issues de la population générale ou du recensement peuvent s’avérer utiles, car celles-ci sont sans doute moins susceptibles d’être faussées par des préjugés raciaux systémiques dans le maintien de l’ordre. D’autres repères, comme « les personnes impliquées avec les services policiers », peuvent être faussés par un recours excessif à la force ou par des préjugés systémiques, car c’est souvent la police qui décide avec qui elle interagit28 Les partisans des repères tirés de la population générale soulignent que ceux-ci : saisissent saisissent les répercussions globales de l’utilisation de la force par la police sur les communautés racialisées;29 et permettent de documenter efficacement la mesure dans laquelle différents groupes raciaux vivent différents types de contacts avec la police.30 On soutient que « les données de référence issues des recensements constituent probablement la meilleure méthode pour mettre en évidence les disparités raciales au fil du temps. »31
Conformément aux Normes relatives au données de l’Ontario, plusieurs services de police ont utilisé les données démographiques du recensement comme référence dans le cadre de leur analyse des données relatives à la race. Le rapport sur l’utilisation de la force du service de police de Hamilton indique que « la population du recensement sert de référence de référence pour déterminer s’il existe des disproportions ou des disparités ». 32 En s’appuyant sur les données du recensement, le service de police de la région de Waterloo a constaté qu’en 2023, les personnes noires et celles originaires du Moyen-Orient étaient surreprésentées dans les rapports concernant l’utilisation de la force (avec des ratios de 3,72 et 2,75 respectivement)33, et le rapport 2020 du service de police de Durham a révélé que les civils noirs étaient surreprésentés dans les interventions policières impliquant l’utilisation de la force34. Le rapport 2020 du Service de police d’Ottawa a conclu que les personnes noires, originaires du Moyen-Orient et autochtones étaient victimes d’une utilisation de la force disproportionnée.35
La comparaison avec la population générale n’est pas le seul critère utile pour analyser les conséquences de l’utilisation de la force Dans la mesure du possible, ce critère devrait être associé à d’autres repères permettant de mettre en évidence les disparités raciales dans les contacts avec la police. Par exemple, des repères fondés sur les contrôles ou les arrestations effectués par la police ont été utilisés pour déterminer s’il existe des disparités dans les données relatives à l’utilisation de la force par la police L’enquête de la CODP sur le SPT s’est appuyée sur plusieurs repères pour dresser un tableau complet des pratiques du SPT en matière d’utilisation de la force et formuler des recommandations fondées sur des données probantes. Après avoir commencé par analyser des données de référence sur la population générale afin de déterminer les domaines préoccupants, l’enquête de la CODP sur le SPT a révélé que, par rapport à leur poids démographique dans la population générale de Toronto, les personnes noires sont 6,99 fois plus susceptibles d’être impliquées dans un incident impliquant une utilisation de la force par le SPT ayant entraîné la mort d’un civil, et 7,95 fois plus susceptibles d’être impliquées dans un décès par balle impliquant le SPT.36 En utilisant les données d’arrestations du SPT comme référence, l’enquête a révélé que les personnes noires étaient toujours nettement surreprésentées parmi les victimes de décès par balle impliquant le SPT (rapport de cotes = 2,82) et surreprésentées parmi les victimes de coups de feu impliquant le SPT (rapport de cotes = 1,45).37 Par ailleurs, l’analyse des données relatives à l’utilisation de la force par le SPT s’est appuyée sur des repères démographiques et d’autres critères dans le cadre de son analyse des données fondées sur la race. 38
Le recours à plusieurs repères permet d’étayer les conclusions, les analyses et les recommandations fondées sur les données. Par exemple, l’analyse d’experts réalisée dans le cadre de l’enquête sur le SPT a révélé que la surreprésentation des personnes noires dans les données relatives à l’utilisation de la force avait diminué, mais n’avait pas disparu, lorsqu’on les examinait à l’aide de plusieurs populations de référence. La surreprésentation persistante des personnes noires dans ces données corrobore la conclusion selon laquelle les préjugés raciaux jouent un rôle dans la surreprésentation des communautés noires dans les données examinées au cours de l’enquête 39 Ces résultats sont cohérents avec l’objectif de la LCR et des normes de données.
Le CODP soutient que les données collectées à ce jour doivent être analysées à l’aide de repères actuellement disponibles, afin de déterminer si des tendances similaires existent. Cette analyse pourra être complétée si de nouveaux repères viennent s’ajouter.
2. Élargir la portée des données recueillies à l’aide des formulaires sur l’utilisation de la force en :
a. incluant l’ensemble des données sur les incidents d’utilisation de la force de moindre gravité.
Les données sur l’utilisation de la force moins grave fournissent un contexte utile pour les incidents d’utilisation de la force soumis à une obligation de signalement et peuvent apporter des informations précieuses lorsqu’elles constituent l’objet principal de l’analyse.
b. L’utilisation de la force de niveau inférieur en tant que données contextuelles
Afin de bien comprendre les incidents liés à l’utilisation de la force par la police et l’influence potentielle de la race sur ces interactions, il convient de collecter des données sur l’ensemble des cas d’utilisation de la force de niveau inférieur. Le CODP se félicite de la décision du ministère d’inclure le contrôle physique parmi les éléments de preuve contextuels recueillis. Toutefois, les options de contrôle physique figurant sur le formulaire d’utilisation de la force actuel (mise au sol, clés articulaires et coups) ne couvrent pas l’ensemble des incidents d’utilisation de la force de niveau inférieur. Le CODP recommande que le rapport sur l’utilisation de la force recueille explicitement des données sur les étranglements, le menottage hors contexte d’arrestation40 et d’autres utilisations de la force de niveau inférieur qui n’entraînent pas de blessures ni ne nécessitent de soins médicaux.
Les données sur l’usage de la force de niveau inférieur fournissent des renseignements contextuels essentiels sur les incidents d’utilisation de la force. Par exemple, les agents sont tenus de consigner les renseignements relatifs à l’utilisation d’une arme ou à l’utilisation de la force à l’encontre d’une autre personne ayant entraîné des blessures nécessitant des soins médicaux. Le formulaire actuel sur l’utilisation de la force aide les agents à consigner les renseignements contextuels relatifs aux incidents impliquant une utilisation de la force, notamment s’il y a eu interpellation par la police, les raisons qui ont motivé cette utilisation de la force, ainsi que les facteurs ayant influencé la réaction des agents. Le formulaire exige également que les agents indiquent si des techniques de désescalade ont été utilisées ou tentées. Si des techniques de désescalade ont été utilisées, les agents doivent préciser la technique employée, qui peut inclure la communication, le repositionnement ou le confinement, et indiquer si ces techniques ont contribué à contrôler le comportement du sujet. Bien que ces renseignements contextuels soient utiles, l’absence de données détaillées concernant l’utilisation de la force de niveau inférieur qui a pu être employée avant ou après que les agents aient eu recours à une force devant faire l’objet d’un rapport limite la qualité de toute analyse pouvant être réalisée à partir de ces données. Cela occulte les tendances potentielles et masque l’influence potentielle de l’origine ethnique, de la santé mentale et des troubles liés à la toxicomanie sur ces interactions.
c. L’utilisation de la force de niveau inférieur devrait être au centre de l’analyse.
Outre la fourniture de données contextuelles, la collecte et l’analyse des données relatives à l’utilisation de la force de niveau inférieur peuvent faire avancer les efforts en cours visant à recenser et à surveiller le racisme systémique et les disparités raciales, lorsqu’elles sont analysées de manière indépendante. L’importance de la collecte et de l’analyse des données dans ce domaine est démontrée par les conclusions de l’enquête de la CODP sur le SPT. Dans son rapport final De l’impact à l’action, la CODP conclut que « les personnes noires étaient largement surreprésentées dans les cas de recours à la force de faible intensité, encore plus que dans les incidents ayant donné lieu à une enquête de l’UES » et que « les cas de recours à la force de faible intensité peuvent eux aussi avoir d’importantes répercussions physiques et émotionnelles négatives sur la personne visée ». 41 En réponse à ces données, De l’impact à l’action formule un certain nombre de recommandations relatives à l’utilisation de la force et à la portée de la collecte de données du SPT, qui visent à surveiller et à contrer cette tendance.42
d.Les données intersectionnelles concernant la race et la santé mentale devraient être recueillies
La CODP recommande que les données relatives aux motifs liés à la race soient consignées dans le formulaire d’utilisation de la force. Cela inclut les données concernant la santé mentale ou les personnes en situation de crise. Le Rapport technique de 2025 fait écho à cette préoccupation et note que d’autres améliorations apportées aux données recueillies concernant les personnes en crise ou sous l’influence de drogues ou d’alcool feront progresser les efforts pour identifier les zones préoccupantes et fournir une analyse plus complète des incidents d’usage de la force.43 Les recherches, y compris les conclusions du rapport provisoire de la CODP, intitulé Un impact collectif, soulignent que l’interaction entre la race et la santé mentale constitue une intersection « socialement importante » susceptible d’influencer les décisions des agents en matière d’utilisation de la force.44 S’appuyant sur les rapports de l’UES, Un impact collectif note également qu’une grande partie des cas d’utilisation de la force entre 2013 et 2017 concernait des personnes présentant des troubles de santé mentale.45 Cela vient étayer les appels à davantage de recherche et d’analyse dans ce domaine.
3. Revoir le format des rapports sur l’utilisation de la force afin de l’aligner sur l’objectif de la LCR en :
a. modernisant la stratégie de données du cadre de déclaration d’UF.
L’une des principales limites du cadre actuel de déclaration de l’UF réside dans le fait qu’il a été conçu avant tout comme un outil administratif plutôt que comme un instrument de recherche. 46
Si les données administratives permettent de traiter certains incidents, elles ne présentent toutefois pas la profondeur, la cohérence et les détails contextuels nécessaires pour étayer une analyse pertinente fondée sur les droits de la personne. Dans le Rapport technique de 2025, le ministère souligne les limites de sa stratégie actuelle en matière de données (p. ex., des lacunes dans la gouvernance, la gestion et la maîtrise des données, ainsi que dans leur interopérabilité).47 Dans la mesure où ces limites entravent la capacité du ministère à s’acquitter de ses obligations au titre de la LCR et du Code, elles devraient être corrigées parallèlement à d’autres améliorations apportées au formulaire de rapport sur l’utilisation de la force
b. Mettre à jour le guide provincial pour améliorer la normalisation.
Une autre limite relevée par le ministère est le manque de normalisation entre les services de police. Bien qu’il existe des directives provinciales sur la manière de remplir les rapports d’UF, chaque service de police a élaboré de son côté des directives supplémentaires. Il s’ensuit des pratiques de collecte de données incohérentes à l’échelle de la province, ce qui compromet les efforts provinciaux visant à garantir une gestion de qualité des données à des fins d’analyse.
La CODP recommande au ministère de moderniser le guide provincial afin de garantir que la collecte de données cohérentes et de qualité élevée soit conforme aux objectifs de la LCR. Cette modernisation devrait inclure la normalisation des variables clés essentielles à une analyse significative fondée sur les droits de la personne, notamment :
- les codes de service;
- le numéro d’incident et de division des services de police;
- le type d’incident;
- le lieu;
- Le grade;
- les interprétations des définitions pour tous les choix de réponse dans le rapport.
Si le ministère continue de collecter et d’analyser les données d’UF sans en améliorer la qualité ni la normalisation, il continuera à rencontrer des difficultés pour identifier et traiter avec précision les inégalités systémiques. En conséquence, les schémas de discrimination risquent d’être sous-déclarés, déformés ou totalement occultés.
Conclusion
Les recommandations de la CODP s’inscrivent dans la volonté de l’Ontario de créer une société inclusive et équitable, en recensant et en surveillant les disparités raciales systémiques et en mettant en place des pratiques efficaces pour produire des données fiables. En améliorant la portée et la qualité des données collectées, comme recommandé, le ministère pourra se lancer dans l’important travail de mise en œuvre de solutions fondées sur les données.
Résumé de recommandations
- Combler les lacunes dans l’analyse des données disponibles sur l’utilisation de la force en :
- déclarant et en analysant les données relatives à tous les incidents mortels.
- utilisant les meilleures données disponibles pour établir des repères et mener une analyse de la disproportionnalité et des disparités.
- déclarant et en analysant les données relatives à tous les incidents mortels.
- Élargir la portée des données recueillies à l’aide des formulaires sur l’utilisation de la force en :
- incluant l’ensemble des données sur les incidents d’utilisation de la force de moindre gravité.
- poursuivant les efforts visant à recueillir des données intersectionnelles concernant la race et la santé mentale.
- incluant l’ensemble des données sur les incidents d’utilisation de la force de moindre gravité.
- Revoir le format des rapports sur l’utilisation de la force afin de l’aligner sur l’objectif de la LCR en :
- modernisant la stratégie de données du cadre de déclaration d’UF.
- mettant à jour le guide provincial pour améliorer la normalisation.
- modernisant la stratégie de données du cadre de déclaration d’UF.
1 Les ressources comprennent :
- Commission ontarienne des droits de la personne, Politique sur l’élimination du profilage racial en contexte de maintien de l’ordre (2019), en ligne : < https://www.ohrc.on.ca/fr/politique-sur-lelimination-du-profilage-racial-en-contexte-de-maintien-de-lordre >.
- Commission ontarienne des droits de la personne, Pris à partie : Rapport de recherche et de consultation sur le profilage racial en Ontario (2017), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/pris-partie-rapport-de-recherche-et-de-consultation-sur-le-profilage-racial-en-ontario>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, Droits de la personne et services policiers : créer et maintenir un changement organisationnel (2011), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/droits-de-la-personne-et-services-policiers-creer-et-maintenir-un-changement-organisationnel>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, Comptez-moi! Collectes de données relatives aux droits de la personne (2009), en ligne (PDF) : <https://www.ohrc.on.ca/sites/default/files/attachments/Count_me_in%21_Collecting_human_rights_based_data_fr.pdf>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, Politiques et directives sur le racisme et la discrimination raciale (juin 2005), en ligne (PDF) : <https://www.ohrc.on.ca/sites/default/files/attachments/Policy_and_guidelines_on_racism_and_racial_discrimination_fr.pdf>.
Commission ontarienne des droits de la personne, Un prix trop élevé : Les coûts humains du profilage raciale ‒ Rapport d’enquête (2003), en ligne (pdf) : <https://www.ohrc.on.ca/sites/default/files/attachments/Paying_the_price%3A_The_human_cost_of_racial_profiling_fr.pdf>.
2 Les mémoires comprennent :
- Commission ontarienne des droits de la personne « Mémoire de la Commission ontarienne des droits de la personne au sujet du projet de règlement sur la formation en vertu de la Loi de 2019 sur la sécurité communautaire et les services policiers » (25 septembre 2023), en ligne : < https://www.ohrc.on.ca/fr/centre-des-nouvelles/memoire-de-la-commission-ontarienne-des-droits-de-la-personne-au-sujet-du >
- Commission ontarienne des droits de la personne « Mémoire concernant la modification du règlement sur le matériel et l’usage de la force et la mise en œuvre du rapport modernisé sur l’usage de la force » (30 octobre 2022), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/memoire-concernant-la-modification-du-reglement-sur-le-materiel-et-lusage-de-la-force-et-la-mise-en>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, « Mémoire de la CODP présenté dans le cadre de l’Examen indépendant des contrôles de routine » (1 er mai 2018), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/memoire-de-la-codp-presente-dans-le-cadre-de-lexamen-independant-des-controles-de-routine>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, « Mémoire de la CODP présenté dans le cadre de l’Examen indépendant des organismes de surveillance de la police » (15 novembre 2016), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/memoire-de-la-codp-presente-dans-le-cadre-de-lexamen-independant-des-organismes-de-surveillance-de>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, « Stratégie pour une meilleure sécurité en Ontario — Mémoire de la CODP présenté au MSCSC » (29 avril 2016), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/strategie-pour-une-meilleure-securite-en-ontario-memoire-de-la-codp-presente-au-mscsc>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, « Mémoire de la CODP au ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels sur les contrôles de routine » (11 août 2015), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/memoire-de-la-codp-au-ministere-de-la-securite-communautaire-et-des-services-correctionnels-sur-les>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, « Mémoire de la CODP présenté dans le cadre de l’examen systémique des pratiques de la Police provinciale de l’Ontario en matière de prélèvement d’échantillons d’ADN réalisé par le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police » (avril 2014), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/memoire-de-la-codp-presente-dans-le-cadre-de-lexamen-systemique-des-pratiques-de-la-police>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, « Mémoire présenté par la Commission ontarienne des droits de la personne dans le cadre de l’examen indépendant de l’usage de force létale mené par les services de police de Toronto » (février 2014), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/memoire-presente-par-la-commission-ontarienne-des-droits-de-la-personne-dans-le-cadre-de-lexamen>.
- Commission ontarienne des droits de la personne, « Mémoire de la CODP présenté dans le cadre de l’enquête de l’ombudsman sur les directives fournies aux services de police par le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels pour désamorcer les situations de conflit » (juillet 2014), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/memoire-de-la-codp-presente-dans-le-cadre-de-lenquete-de-lombudsman-sur-les-directives-fournies-aux>.
3 Le deuxième rapport provisoire de la CODP, Un impact disparate, comprenait deux rapports d’expertise rédigés par le criminologue Scot Wortley, qui a analysé les données quantitatives du SPT pour la période allant de 2013 à 2017. En s’appuyant sur les renseignements issus des rapports d’utilisation de la force, de blessures et d’incidents généraux, ainsi que sur les données pertinentes de l’UES le rapport a révélé que les personnes noires étaient plus susceptibles que les autres d’être frappées, touchées par balle ou tuées par la police de Toronto. Par exemple, les personnes noires représentaient 8,8 % de la population de Toronto, mais étaient impliquées dans près de quatre cas sur dix (39 %) impliquant une utilisation de la force de faible intensité (lorsque la force n’atteignait pas le seuil fixé par l’UES). Un impact disparate : Deuxième rapport provisoire relatif à l’Enquête de la Commission ontarienne des droits de la personne sur le profilage et la discrimination raciale par le service de police de Toronto (2020), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/un-impact-disparate-deuxieme-rapport-provisoire-relatif-lenquete-de-la-commission-ontarienne-des>.
4 Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto (2023), chapitre 7, en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/impact-action-final-report-anti-black-racism-toronto-police-service/chapiter-7-recours-la-force>.
5 Commission ontarienne des droits de la personne, Un impact collectif : Rapport provisoire relatif à l’enquête sur le profilage racial et la discrimination envers les personnes noires au sein du service de police de Toronto, annexe E, page 94, en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/public-interest-inquiry-racial-profiling-and-discrimination-toronto-police-service/un-impact-0>.
6Commission ontarienne des droits de la personne, Un impact disparate : Deuxième rapport provisoire relatif à l’Enquête de la Commission ontarienne des droits de la personne sur le profilage et la discrimination raciale par le service de police de Toronto (2020), pages 109-110, en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/un-impact-disparate-deuxieme-rapport-provisoire-relatif-lenquete-de-la-commission-ontarienne-des>.
7 Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto (2023), chapitre 7, en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/impact-action-final-report-anti-black-racism-toronto-police-service/chapiter-7-recours-la-force>.
8CODP, Un Cadre pour un changement destiné à lutter contre le racisme systémique dans les services policiers (2021), 2 (d), en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/un-cadre-pour-un-changement-destine-lutter-contre-le-racisme-systemique-dans-les-services-policiers>.
9 CODP, Politique sur l’élimination du profilage racial en contexte de maintien de l’ordre (2019), section 4.1.1, en ligne : <Politique sur l’élimination du profilage racial en contexte de maintien de l’ordre | Commission ontarienne desdrpots de la personne>.
10 Idem.
11 13. (1) Sous réserve des articles 15 et 16, un membre d’un service de police présente au chef de police un rapport chaque fois que le membre, selon le cas :
- dégaine une arme de poing en présence d’un membre du public;
- braque une arme à feu sur une personne;
- décharge une arme à feu;
- utilise une arme sur une autre personne;
- dégaine et exhibe une arme à impulsions devant une personne dans l’intention d’obtenir d’elle qu’elle se conforme;
- braque une arme à impulsions sur une personne;
- décharge une arme à impulsions;
- fait usage de la force sur une autre personne, notamment en se servant d’un cheval ou d’un chien, qui entraîne une blessure nécessitant les services d’un médecin, d’une infirmière ou d’un infirmier, ou d’un auxiliaire médical, et sait que la blessure a nécessité de tels services avant de terminer son service.
Règlement de l’Ontario 391/23 : Usage de la force et des armes, section13.
12 Le point 6 du tableau figurant à l'article 2(2) du règlement 267/18 de l'Ontario stipule que le ministère du Solliciteur général est tenu de recueillir, selon les informations fournies par les services de police, l'origine ethnique des personnes, telle qu'elle est perçue par les membres des services de police, à l'égard desquelles un rapport sur le recours à la force est établi par un membre du service de police, ainsi que toute autre information figurant dans le rapport, à l’exception du nom de la personne, que le service de police est légalement tenu de fournir au ministère. Le ministère est tenu de recueillir ces renseignements aux fins de la recherche et de l’analyse visant à éclairer l’élaboration des politiques et des programmes, la planification des systèmes et l’évaluation de la prestation des services et des résultats en matière de services de police et de questions connexes.
13 L’article 7(2) de la LCR stipule que la collecte de renseignements personnels vise à éliminer le racisme systémique et de faire progresser l’équité raciale. Loi de 2017 contre le racisme, L.O. 2017, chap. 15. art. 7(2). https://www.ontario.ca/lois/loi/17a15.
14 Comme l’énonce l’article 1(2) de la LCR, « Aucune disposition de la présente loi ne doit être interprétée ou appliquée de manière à restreindre un droit prévu par le Code des droits de la personne [de l’Ontario] ». Loi de 2017 contre le racisme, L.O. 2017, chap. 15. art. 1(2). https://www.ontario.ca/lois/loi/17a15.
15 Règl. de l’Ont. 391/23 : Usage de la force et des armes.
16 Rapport technique de l’analyse des données fondées sur la race et l’identité des services de police, 2025 (Rapport technique de 2025)
17 Règl. de l’Ont. 391/23 : Usage de la force et des armes, sections 13 à 15. Il existe quelques exceptions à l’obligation de déclarer toute utilisation de la force ayant entraîné des blessures, notamment : lorsque l’arme à feu ou l’arme à impulsions est déchargée à des fins de formation, pendant le chargement, le déchargement ou le rangement de l’arme, ou à des fins de réparation, d’entretien, de mise à l’essai ou d’inspection de l’arme. (Section 13). Une exception limitée s’applique si l’usage de la force est fait à des fins de formation, d’exercice, de compétition ou de démonstration. 13.(9)
18 Ontario, Rapport technique de l’analyse des données fondées sur la race et l’identité des services de police, 2025, s. 4.7.1, page 95. Le Rapport sur l’utilisation de la force demande aux agents de préciser s’ils étaient au courant de la blessure ou du décès. De plus, lorsque les agents déclaraient que des personnes avaient subi des blessures exigeant un rapport, ils étaient tenus d’indiquer, pour chacune d’entre elles, le traitement prodigué. (voir : Ontario, Rapport technique de l’analyse des données fondées sur la race et l’identité des services de police, 2025, s. 4.7.1, page 95.
19 Les exceptions comprennent les cas où l’agent ignorait que des soins médicaux étaient nécessaires. L’article 13(1)(h) précise qu’un rapport d’utilisation de la force doit être rempli lorsqu’un agent fait usage de la force sur une autre personne qui entraîne une blessure nécessitant les services d’un médecin, d’une infirmière ou d’un infirmier, ou d’un auxiliaire médical, et sait que la blessure a nécessité de tels services avant de terminer son service. Le Rapport technique de 2025 ne précise pas si les rapports d’UF manquants sont le résultat de cette clause ou d’une autre exception.
20 Des exceptions peuvent s’appliquer lorsque l’UES fait valoir son mandat. Par exemple, la section 12 de la Loi sur l’unité d’enquêtes spéciales prévoit que le « directeur de l’UES, tout enquêteur, toute personne employée à l’Unité des enquêtes spéciales et toute personne qui exerce des pouvoirs ou des fonctions sur les directives du directeur de l’UES sont tenus au secret à l’égard des renseignements qu’ils obtiennent dans le cadre de l’exercice des pouvoirs ou des fonctions que leur attribue la présente loi ».
21 Règl. de l’Ont. 391/23 : Usage de la force et des armes, art. 17 (5) et (6).
22 Ontario, Normes relatives aux données en vue de repérer et de surveiller le racisme systémique, norme 29
23 Selon les Normes relatives aux données de l’Ontario, « un repère est un point de référence, ou norme qui sert à comparer, évaluer ou mesurer quelque chose ». Direction générale de l’action contre le racisme, Normes relatives aux données en vue de repérer et de surveiller le racisme systémique, Glossaire https://www.ontario.ca/fr/document/normes-relatives-aux-donnees-en-vue-….
24 Ontario, Normes relatives aux données en vue de repérer et de surveiller le racisme systémique, norme 30
25 Ontario, Normes relatives aux données en vue de repérer et de surveiller le racisme systémique, norme 30
26 Ontario, Rapport technique de l’analyse des données fondées sur la race et l’identité des services de police, 2025, s. 4.7.1, page 31.
27 La CODP reconnaît les limites liées à l’utilisation des populations de références abordées dans le Rapport technique de 2025. Les limites liées aux données de référence issues du recensement de la population concernent notamment leur capacité à fournir une mesure précise et fiable de la disproportion dans l’utilisation de la force par la police, car tous les résidents d’une région ne sont également susceptibles d’entrer en contact avec les services policiers. De plus, l’utilisation de la population résidente comme « comme point de référence pour mesurer la disproportion ne fait pas de distinction entre la disproportion raciale dans le recours à la force par la police en particulier et la disproportion raciale résultant de la fréquence élevée des interventions policières en général ». D’autres limites sont abordées à la section 2.5 du Rapport technique de 2025.
28 Une étude menée par le Dr Scot Wortley dans le cadre de l’enquête sur le SPT de la CODP souligne qu’« en raison des pratiques de surveillance policière discriminatoires, les personnes noires et autres personnes racialisées sont plus susceptibles d’être appréhendées — puis arrêtées — pour avoir enfreint la loi que les personnes blanches qui adoptent exactement le même comportement ». Voir Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto, Annexe 3, Analyse comparative supplémentaire des données relatives au recours à la force et aux accusations transmises par le SPT.
29 Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto, Annexe 3.
30 Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto, Annexe 3, Analyse comparative supplémentaire des données relatives au recours à la force et aux accusations transmises par le SPT.
31 MVA et J. Miller. 2000. Profiling Populations Available for Stops and Searches: Police Research Series Paper 131. Londres, Angleterre : Home Office.
32 Service de police de Hamilton, Use of force Interactions report 2023, en ligne : 2019 Use of Force Statistical Report.
33 service de police de la région de Waterloo, « 2023 Quarterly Use of Force Statistical Report – Q4 and Annual
Summary » (21 février 2024), page 12.
34 Unité de la stratégie, de la recherche et du rendement organisationnel, service de police de la région de Durham, « Durham Regional Police Service 2020 Race-Based Use of Force Statistics » (décembre 2021), pages 6, 19 et 24.
35 Commission de service de police d’Ottawa, Rapport annuel de l’emploi de la force — 2023, 22 juillet 2024, page 13, en ligne : https://pub-ottawa.escribemeetings.com/filestream.ashx?documentid=195052
36 Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto, Annexe 3 — Analyse comparative supplémentaire des données relatives au recours à la force et aux accusations transmises par le SPT.
37 Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto, Annexe 3, Analyse comparative supplémentaire des données relatives au recours à la force et aux accusations transmises par le SPT.
38 Service de police de Toronto, Race & Identity Based Data Collection Strategy : Understanding Use of Force & Strip Searches in 2020, Detailed Report (juin 2022).
39 Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto, Annexe 3 — Analyse comparative supplémentaire des données relatives au recours à la force et aux accusations transmises par le SPT.
40 L’enquête de la CODP sur le SPT recommande que le menottage hors contexte d’arrestation et l’utilisation de menottes sur les personnes de moins de 18 ans devraient être visés par l’obligation de signalement de l’utilisation de la force. Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto, au chapitre 7, en ligne, chapitre 7, en ligne : https://www.ohrc.on.ca/fr/impact-action-final-report-anti-black-racism-toronto-police-service/chapiter-7-recours-la-force; la CODP a également soutenu que l’utilisation de contentions comme les menottes, les contentions physiques ou les attaches autobloquantes doit être considérée comme une utilisation de la force visée par l’obligation de signalement. Voir : https://www.ohrc.on.ca/fr/memoire-concernant-la-modification-du-regleme…
41 Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto, chapitre 7, en ligne : https://www.ohrc.on.ca/fr/impact-action-final-report-anti-black-racism-toronto-police-service/chapiter-7-recours-la-force
42 Commission ontarienne des droits de la personne, De l’impact à l’action : Rapport final sur le racisme envers les personnes noires par le service de police de Toronto, Annexe 1— Recommendations 30, 31.
43 Ontario, Rapport technique de l’analyse des données fondées sur la race et l’identité des services de police, 2025, s. 4.7.1, page 91.
44Commission ontarienne des droits de la personne, Un impact collectif : Rapport provisoire relatif à l’enquête sur le profilage racial et la discrimination envers les personnes noires au sein du service de police de Toronto (2018), Généralités et contexte, en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/public-interest-inquiry-racial-profiling-and-discrimination-toronto-police-service/un-impact-0>
45Commission ontarienne des droits de la personne, Un impact collectif : Rapport provisoire relatif à l’enquête sur le profilage racial et la discrimination envers les personnes noires au sein du service de police de Toronto (2018), IV Conclusions, en ligne : <https://www.ohrc.on.ca/fr/public-interest-inquiry-racial-profiling-and-discrimination-toronto-police-service/un-impact-0>
46 Rapport technique de l’analyse des données fondées sur la race et l’identité des services de police (2025), p. 23, en ligne : <https://data.ontario.ca/fr/dataset/police-use-of-force-race-based-data/resource/4168e5b2-10a8-4d4c-ba20-3a3c30577630>.
47 Idem.
