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Publication des conclusions préliminaires de la Commission d'enquête sur les agressions contre des pêcheurs canadien d'origine asiatique

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Décembre 14, 2007

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Pour publication immédiate

Toronto - La commissaire en chef Barbara Hall a publié aujourd’hui les conclusions préliminaires de la Commission ontarienne des droits de la personne relativement aux agressions contre des pêcheurs canadiens d’origine asiatique. La Commission d’enquête a été lancée le 2 novembre à la suite de la diffusion par les médias de plusieurs reportages et des inquiétudes exprimées par les membres de plusieurs collectivités concernant un certain nombre d’incidents ayant eu lieu dans le sud et le centre de l’Ontario. Au cours de ces incidents, des pêcheurs canadiens d’origine asiatique ont été agressés physiquement ou verbalement alors qu’ils étaient en train de pêcher.

« Ces incidents nous rappellent que le racisme et la discrimination existent en Ontario et nous montrent à quel point de tels événements peuvent être lourds de conséquences pour chacun d’entre nous », a déclaré Barbara Hall, qui a ajouté : « Ce qui est clair, c’est que le simple fait que des pêcheurs canadiens d’origine asiatique aillent pêcher suscite chez certains des réactions particulièrement inquiétantes aux connotations racistes ».

Dans le cadre de cette Commission d’enquête, lancée en partenariat avec la Metro Toronto Chinese and Southeast Asian Legal Clinic (MTCSALC), les personnes impliquées dans des incidents alors qu’elles étaient en train de pêcher et les personnes qui ont été témoins de ces incidents ont été invitées à en faire le récit. Pour ce faire, une ligne téléphonique d’urgence et un sondage en ligne ont été mis en place. Dans le cadre de son enquête, la Commission a reçu plus de 30 dépositions en provenance du sud et du centre de l’Ontario, notamment de collectivités situées dans les régions d’Aurora et de Richmond Hill, d’Ottawa et du lac Huron. La majorité des dépositions provenaient des trois régions suivantes : lac Simcoe, Peterborough et les écluses du canal Rideau, des lieux particulièrement populaires pour les gens du pays comme pour les touristes qui affectionnent les sports aquatiques et notamment la pêche.

Les récits ont fait état de harcèlement à caractère raciste, allant de l’agression verbale (insultes à caractère raciste) à la destruction de matériel de pêche, en passant par le jet de pierres. Plusieurs pêcheurs racialisés ont eu le sentiment que leur sécurité physique et psychologique était menacée. Dans certains cas faisant l’objet d’une enquête de police, ces pêcheurs ont été victimes de violences physiques. La lecture des dépositions permet de constater que ces incidents ont eu un impact considérable sur les personnes impliquées, leurs amis et les membres de leurs familles, ainsi que sur la communauté canadienne d’origine asiatique dans son ensemble. Les pêcheurs qui ont communiqué avec la Commission d’enquête ont également fait état d’un sentiment d’impuissance ou ont exprimé leur peur de subir des représailles s’ils rapportaient les incidents en question aux autorités.

Un certain nombre de personnes ont fait part, dans leurs dépositions, de leur inquiétude relativement à la conservation et à la protection des stocks de poissons. La conservation et la protection des zones de pêche de l’Ontario ne constituent pas seulement un impératif d’ordre environnemental, elles permettent également de protéger la source de revenu d’un grand nombre d’Ontariennes et d’Ontariens. Bien que ces objectifs soient importants, il est inquiétant de constater que de nombreuses personnes évoquant dans leur déposition la protection de l’environnement ont recours à des stéréotypes et des insultes, ce que la Commission essaie justement de combattre. Il est par ailleurs inquiétant que les pêcheurs canadiens d’origine asiatique soient considérés comme des étrangers au sein de certaines collectivités relativement homogènes et soient de ce fait présumés coupables d’enfreindre la loi.

« Stéréotyper une collectivité quelle qu’elle soit en s’imaginant que certaines personnes sont plus susceptibles que d’autres de commettre des activités illégales n’est pas seulement injuste, c’est contraire à la loi », a remarqué Mme Hall, qui a ajouté : « Dans une société aussi diverse que la nôtre, nous devons apprendre à mieux nous connaître, nous devons profiter de l’expérience des uns et des autres et nous devons apprendre à travailler ensemble pour combattre le racisme, la discrimination et le harcèlement, partout et chaque fois qu’ils font leur apparition ».

La Commission travaillera de concert avec plusieurs partenaires communautaires et rencontrera des membres d’organismes responsables afin de trouver des solutions et de prendre des mesures concrètes et efficaces.

Au printemps 2008, la Commission publiera un Rapport final dans lequel elle présentera ses conclusions, ainsi qu’un plan d’action qui permettra de s’attaquer aux causes profondes de ces incidents afin qu’ils ne se reproduisent plus.

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Jeff Poirier
Analyste principal de politiques
Direction des politiques, de la surveillance, de la sensibilisation et de la liaison
Commission ontarienne des droits de la personne
jeff.poirier@ohrc.on.ca
(416)314-4539