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2. Qualifier le racisme

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En 2003, la Commission a publié son rapport d’enquête sur le profilage racial, Un prix trop élevé : Les coûts humains du profilage racial, lequel étudiait les répercussions du profilage racial sur les personnes appartenant à des groupes racisés. Parmi les recommandations faites dans ce rapport, citons celle-ci :

les personnes qui occupent un poste de direction en Ontario, dont les fonctionnaires, reconnaissent l'existence du profilage et manifestent la volonté de prendre des mesures pour le combattre.[2]

Pour intervenir de façon efficace face à la discrimination et au profilage racial, il faut tout d’abord admettre que le racisme existe. Si le racisme se manifeste souvent ouvertement, il peut aussi s’exprimer de manière subtile, inconsciente ou implicite. Dans son document intitulé Politiques et directives sur le racisme et la discrimination raciale (« Politiques »), la Commission a noté que, comme une stigmatisation considérable s’attache aux allégations de racisme, on a tendance, soit généralement soit dans une situation donnée, à nier l’existence du racisme. Dans l’enquête sur les agressions contre des pêcheurs canadiens d'origine asiatique, les représentants de nombreuses institutions se montraient prêts à engager un dialogue sur le profilage racial et étaient conscients des avantages qu’il y avait à le combattre. Toutefois, de nombreuses personnes trouvaient que le racisme était un sujet de discussion difficile et hésitaient à accompagner leurs garanties de messages forts. La désignation du problème suscitait des inquiétudes chez de nombreuses autres personnes, car, ce faisant, on dépeint selon elles toute la communauté ou tout l’organisme comme étant « raciste », on crée des problèmes là où il n’y en a peut-être pas, on perpétue le négativisme. D’autres estimaient que la question ne s’inscrivait pas dans le mandat de leur organisme.

Ces forts stigmates qui accompagnent les discussions sur le racisme et la discrimination raciale empêchent dans l’ensemble la Commission de faire avancer des initiatives visant à lutter contre eux. Même s’il est difficile de parler du racisme, la Commission maintient qu’une fois que celui-ci est estampillé de la vignette « problème », les organismes sont d’une part mieux équipés pour y répondre et le prévenir, et d’autre part davantage en mesure de faire s'exprimer les gens qui en font l’expérience. La Commission est déterminée à continuer de sensibiliser le public et les institutions privées au profilage racial et à la discrimination pour créer une tribune encourageant un dialogue ouvert.


[2] COMMISSION ONTARIENNE DES DROITS DE LA PERSONNE (2003). Un prix trop élevé : Les coûts humains du profilage racial, Ontario, p. 69.

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