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Questions fréquentes: Politique sur la suppressiondes obstacles liés à l’« expérience canadienne » (fiche)

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1. Qu’entend-on par exigence d’« expérience canadienne »?

L’expression « expérience canadienne » désigne le fait d’exiger ou de préférer (de manière intentionnelle ou non) que les candidats à un emploi possèdent une expérience de travail au Canada. Parfois, certains employeurs l’indiquent clairement dans une offre d’emploi ou une description de poste. Mais très souvent, une exigence d’expérience canadienne est un élémentimplicite du processus de recrutement. Par exemple, un employeur peut ne pas affirmer ouvertement qu’une expérience canadienne est nécessaire, mais est susceptible d’y accorderplus de valeur qu’à une expérience acquise en dehors du Canada. Les employeurs peuvent également réduire l’importance d’une expérience acquise à l’étranger, ou exiger des connaissances qui, selon eux, ne s’acquièrent que dans un milieu de travail canadien (par exemple, des compétences sociales ou d’autres compétences générales).

La Politique sur la suppression des obstacles liés à l’« expérience canadienne » de la CODP souligne qu’il incombe à l’employeur,en vertu du Code des droits de la personne (le Code), de prendre en considération toutes les expériences (acquises au Canada comme à l’étranger) pour évaluer si une personne convient à un poste. 

2. Comment puis-je m’assurer que j’embauche une personne qui maîtrise la langue anglaise si je ne peux pas exiger une expérience canadienne?

Dans certains cas, être capable de s’exprimer et d’écrire en anglais peut constituer une « exigence légitime », mais cela dépend du poste en question. Par exemple, une maîtrise supérieure de l’anglais, tant à l’écrit qu’à l’oral, peut constituer une « exigence légitime » pour un agent ou une agente des communications. Par contre, il est moins probable qu’une maîtrise supérieure de l’anglais à l’écrit et à l’oral soit une « exigence légitime » pour un ouvrier à la chaîne travaillant dans une usine.

Pour obtenir plus de détails sur les « exigences légitimes en matière d’emploi », consultez les pages 12 à 17 de la Politique sur la suppression des obstacles liés à l’« expérience canadienne ».

Les employeurs doivent distinguer les exigences professionnelles « légitimes » des exigences qui sont seulement « bonnes à avoir ». L’objectif est de n’exiger que le niveau de compétences nécessaire pour le poste (par exemple, des compétences satisfaisantes, excellentes ou supérieures). Vous ne devez pas conclure qu’une personne ne possède pas les compétences linguistiques nécessaires pour réussir dans un poste donné parce qu’ellen’a pas travaillé au Canada. Après avoir repéré les « exigences légitimes », les employeurs doivent donner à cette personnela possibilitéde prouver sa maîtrise de la langue (par exemple, par le biais de tests, d’une entrevue ou d’une présentation).

3. Sans une exigence d’expérience canadienne, comment m’assurer que la personne que j’embauche connaît bien l’environnement industriel local (notamment le jargon professionnel, les acteurs clés, les lois, les normes du secteur)?

Vous ne devez pas conclure qu’une personne ne possède pas les connaissances nécessaires pour réussir dans un poste donné parce qu’ellen’a pas travaillé au Canada. Distinguez les exigences professionnelles « légitimes » des exigences qui sont seulement « bonnes à avoir », et énumérez ces compétences dans une description de poste, afin que les candidats puissent prouverque leurs compétences correspondent bien aux exigences. En plus de prendre en compte l’« expérience canadienne » d’un candidat, soyez ouverts aux compétences provenant d’autres contextes, notamment :

  • l’expérience de travail acquise en dehors du Canada
  • les études (au Canada ou en dehors)
  • l’auto-éducation
  • la formation en cours d’emploi
  • le bénévolat
  • l’expérience de vie.

Donnez aux candidats la possibilité de prouver leurs compétences lors d’une entrevue, dans le cadre d’un test pratique ou d’une simulation de travail. 

4. Comment savoir si un candidat possède les compétences générales nécessaires pour réussir dans le poste s’il n’a jamais travaillé au Canada?

Évitez d’employer le terme « compétences générales » car il est subjectif et peut être défini de différentes façons. Si un candidat à l’emploi ne sait pas ce qu’un employeur entend par le terme « compétences générales », il lui sera difficile de prouver qu’il possède ces compétences.

Divisez les « compétences générales » en différentes aptitudes : par exemple, savoir travailler en équipe ou posséder des compétences en matière de communication ou de relations interpersonnelles pour gérer des questions délicates. Déterminez si les compétences sont des « exigences légitimes » ou simplement des aptitudes « bonnes à avoir ». Par exemple, il peut être intéressant d’embaucher un vendeur qui aime bavarder avec les clients du temps qu’il fait ou de la dernière victoire desBlue Jays, mais ces compétences ne sont probablement pas nécessaires à l’accomplissement des tâches essentielles du poste. Après avoir déterminé quelles compétences sont des « exigences légitimes » et lesquelles sont seulement « bonnes à avoir », donnez aux candidats la possibilité de prouver leurs compétences par le biais de questions d’entrevue fondées sur des scénariosou dans le cadre de simulations de travail. Il convient de noter que de nombreux candidats à l’emploi possèdent des compétences que l’on considère souvent comme étant des « compétences générales » sans qu’ils aient pour autant travaillé au Canada.

5. Cette Politique s’applique-t-elle aux professions réglementées ou concerne-t-elle uniquement les employeurs?

Certaines professions réglementées exigent que les personnes formées à l’étranger acquièrent un savoir-faire en travaillant au Canada avant de devenir membre de cette profession. La CODP et le Bureau du commissaire à l'équité reconnaissent que l’obtention d’une expérience canadienne peut constituer un obstacle supplémentaire aux personnes formées à l’étranger qui cherchent à pratiquer leur profession. À l’instar des employeurs, les professions réglementées peuvent seulement exiger une expérience canadienne si elles peuvent prouver qu’il s’agit d’une « exigence légitime ». La barre a été placée très haut pour le prouver, et de nombreuses professions réglementées ont déjà supprimé leurs exigences liées à l’« expérience canadienne ».

6. Qu’en est-il des programmes de transition, de mentorat et de stages?

Les programmes de transition, de mentorat et de stages, dans la mesure où ils sont financés, peuvent être un excellent moyen pour les futurs employés (qu’ils soient nouvellement arrivés au Canada ou non) de combler leurs lacunes en matière de compétences ou de prouver leurs aptitudes et leurs capacités dans un environnement de travail. Cependant, des craintes liées aux droits de la personne peuvent survenir sides nouveaux arrivants sans « expérience canadienne » sont automatiquement dirigés vers des programmes de transition, de mentorat et de stages sans que leur candidature à un poste soit prise au sérieux sur le marché de l’emploi dans son ensemble.

Les employeurs ne doivent pas conclure qu’un candidat ne réussira pas sur le marché du travail parce qu’il ne possède pas d’« expérience canadienne » antérieure. À l’instar des candidats nés au Canada, les nouveaux arrivants doivent avoir la possibilité de prouver leurs capacités, qui seront évaluées au cas par cas, et de démontrer leur potentiel de réussite dans un poste donné.

7. Pourquoi mon entreprise doit-elle respecter la Politique?

Bâtir une main-d’œuvre diversifiée composée d’employés issus de divers horizons constitue une bonne stratégie d’affaires. Les employés ayant différents types d’expérience peuvent enrichir une entreprise ou un organisme en lui apportant de nouvelles perspectives et de nouvelles idées. Avec la diversité croissante de la population de l’Ontario, les employés issus de divers horizons peuvent aider les entreprises à anticiper les besoins et les intérêts des différentes collectivités et à y répondre efficacement. Tous les employeurs qui ne prennent pas en compte l’ensemble des candidats compétents risquent de passer à côté d’occasions d’innovation et de croissance. De plus, les employeurs qui ne respectent pas la Politique sur la suppression des obstacles liés à l’« expérience canadienne » sont susceptibles de faire l’objet de plaintes coûteuses relatives aux droits de la personne.

La société canadienne subit des pertes indicibles lorsque les personnes ne peuvent pas travailler au meilleur de leur capacité. Face à une population vieillissante, à une baisse du taux de natalité et à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, le Canada a besoin de l’apport d’immigrants pour son bien-être économique. Si le Canada est considéré comme un endroit dans lequel les nouveaux arrivants ne peuvent pas trouver du travail dans leur domaine à un salaire convenable, le pays cessera d’être une destination de choix pour un grand nombre d’immigrants parmi les plus compétents au monde. Ils choisiront simplement d’aller ailleurs.

8. Les informations parlent beaucoup de travailleurs étrangers amenés au Canada pour remplacer les travailleurs canadiens dans des emplois au Canada au titre du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Quelle est le lien entre la Politique et cette situation?

La Politique sur la suppression des obstacles liés à l’« expérience canadienne » de la CODP ne concerne pas les personnes qui vivent en dehors du Canada et qui cherchent un emploi au Canada au titre du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Au contraire, la Politique vise à protéger les personnes qui vivent déjà au Canada et qui sont légalement autorisées à y travailler, mais qui ont des difficultés à trouver du travail parce que leur expérience de travail acquise en dehors du Canada n’est pas prise en compte à sa juste valeur.

La Politique ne consiste pas à accorder un traitement préférentiel aux personnes ayant acquis de l’expérience à l’étranger. Son but est de veiller à ce que toute personne qui vit au Canada et qui a le droit d’y travailler légalement bénéficie d’un traitement équitable dans le processus de recrutement concurrentiel, quel que soit le lieu où elle a acquis son expérience.

9. Quel est le lien entre cette Politique et la catégorie de l’expérience canadienne?

Dans la Politique, l’expression « expérience canadienne » désigne l’expérience de travail acquise au Canada. Elle est différente de la catégorie de l’expérience canadienne (CEC), un volet d’immigration qui s’adresse aux travailleurs temporaires étrangers ou aux étudiants étrangers diplômés au Canada, qui parlent couramment le français ou l’anglais et qui aimeraient devenir résidents permanents. La CEC reconnaît l’apport des résidents temporaires à la société et à l’économie canadiennes et prend cet apport en compte pour déterminer si un résident est admissible au statut de résident permanent. Une fois qu’une personne est admise au Canada et est autorisée à y travailler légalement (par exemple, par le biais de la CEC ou d’un autre volet d’immigration), elle a le droit de faire valoir toutes ses expériences de travail pertinentes (acquises au Canada ou ailleurs) au cours du processus de recrutement concurrentiel.

Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le document de la CODP intitulé Politique sur la suppression des obstacles liés à l’« expérience canadienne », qui est disponible en ligne à l’adresse www.ohrc.on.ca/fr.