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Saison de pêche 2008-2009

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Selon la Police de la région de York, la Police provinciale de l’Ontario, les associations de pêcheurs et d’autres organismes communautaires, beaucoup moins d’incidents de harcèlement ou d’agression contre des pêcheurs canadiens d’origine asiatique ont été officiellement signalés depuis l’automne 2007 que l’année précédente.

Les incidents suivants ont été signalés à la police pendant la saison de pêche 2008-2009 :

  • En mars 2008, un article titré « Let’s All Welcome Our Chinese Anglers » a été publié dans le bulletin en ligne d’une association de pêcheurs. Si l’article donnait l’impression d’avoir été écrit dans le but d’encourager les pêcheurs sino-canadiens et les autres à coopérer, son message, en revanche, eut un effet totalement différent.

    L’auteur de l’article conseillait à tort aux gens d’aborder les pêcheurs qui paraissent Chinois et de leur demander de voir leur prise et leur permis de pêche. Cet article provoqua beaucoup d’inquiétudes parmi les associations de pêcheurs qui comptent des membres canado-asiatiques, car il pouvait exposer la population canadienne d’origine asiatique à des harcèlements et l’accusait de pêcher illégalement.

    Après la parution de l’article en avril 2008, au moins un rapport officiel a été déposé à Bradford par un pêcheur canado-asiatique, auquel une personne, qui n’était pas un agent chargé de l’application de la loi, a demandé s’il avait un permis de pêche valide. Après l’intervention de la police de la région de York, l’article paru dans le bulletin a disparu du site Web.
     
  • Le 11 mai 2008, près de Kirkfield (Ontario), un homme s’est approché d’un groupe de pêcheurs canadiens d’origine asiatique qui pêchaient dans la Trent et s’est mis à discuter de pêche avec lui avant de pousser un des pêcheurs à l’eau. La Police provinciale de l’Ontario a mené une enquête sur l’incident, mais aucune accusation n’a été portée.
     
  • Le 31 janvier 2009, plusieurs pêcheurs canadiens d’origine asiatique participaient à un tournoi de pêche sur la glace à Sutton (Ontario) lorsqu’un homme, qui prétendait être le propriétaire du lac, leur dit qu’ils ne pouvaient pas pêcher à cet endroit, les insulta et les menaça ensuite avec son véhicule. Par la suite, les pêcheurs ont téléphoné au MRN qui leur dit qu’ils ne faisaient rien de mal. L’incident a été signalé à la Police de la région de York. À la suite de cet incident, le maire de Georgina a téléphoné aux pêcheurs pour leur présenter des excuses.

En entendant parler des inquiétudes de certaines personnes, d’autres se sont présentées et ont signalé des anicroches qui leur étaient précédemment arrivées. Ainsi :

  • dans un constat d’incident s’étant produit autour de l’été 2007 à Bewdley (Ontario), une femme a signalé que quelqu’un avait renversé le sceau de poissons de ses amis et qu’un homme les avait injuriés et leur criait : « Retournez en Chine, retournez au Japon ». L’homme a ensuite fait tomber la canne à pêche de la main de son ami;
     
  • un homme, qui s’est présenté comme étant sino-canadien, a décrit ce qui est arrivé à lui et à ses amis (l’un Sino-canadien, l’autre Juif-canadien) il y a deux ans en été alors qu’ils faisaient du canotage près d’un débarcadère public à Peterborough:

    « Il y avait un groupe d’adolescents, tous blancs. Alors que nous ne les provoquions absolument pas, ils se sont mis à nous lancer des pierres. De l’autre côté de la rue, nous leur avons crié d’arrêter, mais ils n’ont pas réagi. Ils ont continué à lancer des pierres. Une poignée d’entre eux nous a suivi et a traversé la rue. Je ne me rappelle pas mot pour mot ce qu’ils disaient, mais, en substance, ils s’adressaient à mon ami, et disaient des trucs du genre « est-il juif » et « pourquoi sourit-il? » De toute évidence, ils étaient très concernés par ce qu’était mon ami ...si j’en juge par ce qu’ils lui disaient. Je suppose qu’il s’agissait dans une certaine mesure de propos à caractère raciste. »

Comme elle l’avait fait en 2007, la PRY a mis en place une opération d'infiltration pour attraper les gens qui harcelaient ou agressaient des pêcheurs. Par chance, cette opération d’un mois se déroula sans histoire. D’après l’un des policiers participant au projet,

« ...le projet « Safe Shores » visait à s’assurer que les choses étaient retournées à la normale. Et, dans ce sens, nous avons pu observer que le but avait été atteint et qu’en fait, la population pouvait se rendre en toute sécurité dans ces zones. »

Si moins d’incidents ont été signalés pendant la saison de pêche 2008, le personnel de la Commission a eu néanmoins vent d’autres incidents troublants, mais que les victimes ont choisi de ne pas signaler à la police, ce qui montre bien qu’il faut encore s’efforcer d’éliminer les obstacles aux déclarations, notamment en sensibilisant le public aux crimes haineux, en prenant contact avec les collectivités mal desservies et en offrant des services multilingues. Dans le cadre de ces efforts, il faut entre autres s’assurer que les organismes communautaires offrent le soutien voulu aux victimes qui ne souhaitent pas faire intervenir la police[2].

Un membre d’un organisme de pêcheurs qui accueille de nombreux Chinois arrivés de fraîche date affirme qu’il a été confronté à de nombreux incidents ou en a été témoin. Il nous livre son opinion en ces termes :

Selon moi, ce genre de situation blesse les pêcheurs d’origine asiatique. La plupart d’entre eux garde le silence, car ils ne parlent pas anglais et ne savent comment s’y prendre pour signaler un incident. Alors, c’est à moi qu’ils en parlent.

Le Canada est un pays multiculturel. S’il y avait une ligne téléphonique d’urgence, une ligne pour appeler la police, dans d’autres langues que l’anglais et le français, ce serait beaucoup mieux. Il faut donner à ces gens les moyens de se protéger, car s’ils ne parlent pas anglais, ils ne peuvent pas faire correctement une déclaration.

Plusieurs raisons peuvent expliquer qu’après l’enquête moins d’incidents inspirés par la haine ont été signalés contre des pêcheurs canadiens d’origine asiatique. En effet, la saison de pêche 2008 a été dans l’ensemble mauvaise dans tout l’Ontario, le mauvais temps et le prix élevé de l’essence empêchant beaucoup de pêcheurs de se rendre à leur endroit habituel.

Toutefois, selon des représentants d’organismes communautaires, grâce aux efforts concertés de l’enquête et aux rapides mesures prises par de nombreux organismes, en particulier la police, la population a pris davantage conscience du problème. La large couverture médiatique a également joué un rôle à cet égard. Pour la Commission, ces efforts concertés ont montré que ces incidents étaient pris très au sérieux. Elle espère qu’il en est ressorti une sécurité accrue pour les pêcheurs et une meilleure compréhension du racisme et que le harcèlement s’en est trouvé découragé. Selon une personne :

Je sais que l’an dernier, votre organisme a parlé de faire quelque chose. C’est pour ça que cette fois-ci j’ai signalé l’incident à la police, autrement je ne l’aurais pas fait. Si l’incident s’était produit il y a deux ans, je n’aurais rien fait.


[2] On lit à la recommandation 34 du rapport du Groupe de travail communautaire pour la lutte contre les crimes haineux : « Le ministère du Procureur général (MPG) et le ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels (MSCSC) prennent un virage fondamental dans leur financement des services aux victimes en milieu communautaire, en passant du financement à court terme axé sur les projets vers un engagement de financement durable à long terme ». Groupe de travail communautaire pour la lutte contre les crimes haineux (2006). La lutte contre le crime haineux en Ontario : Rapport final du Groupe de travail communautaire pour la lutte contre les crimes haineux au Procureur général et au ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels (Ontario, 2006) à la page 93.

 

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