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4. Partis pris et préjugés

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La société juge souvent les personnes trans et autres personnes non conformistes sur le plan du sexe selon leur apparence physique parce qu’elles ne cadrent ou ne se conforment pas aux normes stéréotypées associées au fait d’être « homme » ou « femme ». Ces personnes se heurtent quotidiennement à de la stigmatisation, et aux préjugés, partis pris et craintes des gens. Si certaines personnes considèrent que les personnes trans sont des êtres inférieurs, d’autres ne savent ou ne comprennent pas ce qu’il signifie d’être une personne trans.

« La notion selon laquelle il existe uniquement deux sexes est l’un des fondements de notre mode de pensée binaire occidental. Les personnes transgenres remettent en question notre conception même du monde. Et nous leur faisons payer le prix de notre confusion sous forme de souffrance[12]. »

À l’école et au travail, sur le plan de l’obtention de biens et de services, et même en milieu de vie,  les partis pris et préjugés, ou la simple ignorance, peuvent favoriser l’isolement, la vulnérabilité, le désavantage et la discrimination. L’isolement peut s’avérer encore plus grand chez les personnes trans qui vivent dans des petites collectivités ou en milieu rural.

4.1. Stéréotypes

Bon nombre de cas de discrimination surviennent en raison d’attitudes négatives, de partis pris et de stéréotypes à l’endroit des personnes trans ou non conformistes sur le plan du sexe. Les stéréotypes sont des suppositions faites à propos de personnes en raison des qualités et caractéristiques présumées du groupe auquel ces personnes appartiennent[13]. Quand on stéréotype une autre personne, on ne s’attarde pas à la vraie personne. Les stéréotypes sont souvent des généralisations non fondées provenant d’idées fausses ou d’informations erronées ou incomplètes à propos des gens. N’importe qui peut véhiculer des stéréotypes sans même s’en apercevoir, même les personnes bien intentionnées.

La société véhicule sur les personnes trans des stéréotypes considérables qui font souvent l’objet d’aucune remise en question. Parmi ces stéréotypes figurent des idées fausses selon lesquelles les personnes trans sont « anormales », que leur identité sexuelle n’est « pas naturelle », ou qu’il s’agit de « fraudeurs » qui veulent tromper les autres et (ou) leur donner une impression fausse de qui ils sont. Aux yeux de certaines personnes, elles pourraient être plus susceptibles de participer à des activités criminelles, d’être pédophiles ou d’avoir des problèmes de santé mentale. Certains pensent que les femmes trans constituent une menace pour les autres femmes[14].

Toute personne qui commet un acte criminel, y compris des menaces, du harcèlement, ou des voies de fait, devrait faire l’objet des sanctions prévues par la loi. Cela ne devrait nuire en rien aux droits des personnes trans.

Les stéréotypes erronés et néfastes reposent sur des craintes et des attitudes mal informées, et peuvent donner lieu à de la discrimination à l’égard des personnes trans en raison de leur identité sexuelle ou de l’expression de leur identité sexuelle.

4.2 Transphobie

Le terme « transphobie » fait référence à l’aversion, à la crainte ou à la haine des personnes ou communautés trans. Il s’agit d’un préjugé qui, comme tous les autres, est fondé sur des stéréotypes utilisés pour justifier la discrimination, le harcèlement et la violence à l’endroit des personnes trans.

Selon le sondage de l’initiative Trans PULSE, basée en Ontario, beaucoup d’Ontariennes et d’Ontariens trans sont victimes de transphobie :

  • 98 % des Ontariennes et Ontariens trans ont signalé au moins une expérience de transphobie
  • près de 75 % des personnes trans ont été ridiculisées parce qu’elles étaient trans
  • plus de 25 % d’entre elles ont fait l’objet de violence physique parce qu’elles étaient trans 
  • près de 25 % ont déclaré avoir fait l’objet de harcèlement de la part de la police
  • Les femmes trans sont plus souvent victimes de transphobie que les hommes trans[15].

4.3 Cisnormativité

La « cisnormativité » (« cis » signifie « le même que ») fait référence à la supposition répandue selon laquelle nous sommes tous « cissexuels » (non trans). Autrement dit, notre identité sexuelle se conforme ou « correspond » au sexe qui nous a été assigné à la naissance, et nous acceptons tous qu’il s’agit de la « norme ».

Ce terme est utilisé pour décrire les stéréotypes, attitudes négatives et préjugés à l’égard des personnes trans qui sont davantage répandus, ou systémiques, au sein de la société et de ses institutions. Cette forme de préjugés peut même être véhiculée de façon non intentionnelle, à l’insu de la personne ou de l’organisation qui en est responsable, ce qui en fait une pratique bien enracinée et difficile à enrayer.

« Les suppositions à l’égard de la cisnormativité sont si répandues qu’elles sont même difficiles à repérer dans un premier temps… La cisnormativité rend impossible l’existence trans ou sa visibilité. Par conséquent, la présence d’une personne trans au sein de systèmes comme celui de la santé est trop souvent non anticipée; elle produit un genre d’urgence sociale étant donné que ni les employés ni les systèmes ne sont prêts à son éventualité[16]. »

Les partis pris de la société voulant qu’il n’existe qu’une expression légitime, normale ou morale de son identité sexuelle sous-tend cette forme de préjugés et la discrimination qui peut en résulter. Voir aussi la rubrique 7.6 de cette politique : Discrimination systémique.


 

[12] Barbara Findlay, tel que citée dans John Fisher et Kristie McComb. Outlaws & In-laws: Your Guide to LGBT Rights, Same-sex Relationships and Canadian Law, Ottawa, Egale Canada Human Rights Trust, 2003, p. 46.

[13] La Cour suprême du Canada a récemment affirmé que « [l]’application d’un stéréotype est une attitude qui, tout comme un préjugé, tend à désavantager autrui, mais c’est aussi une attitude qui attribue certaines caractéristiques aux membres d’un groupe, sans égard à leurs capacités réelles ». Québec (Procureur général) c. A, [2013] 1 R.C.S. 61, au par. 326.

[14] Pour obtenir de plus amples renseignements, consulter le document de travail de 1999 de la CODP intitulé Vers une politique de la Commission sur l’identité sexuelle, en ligne à l’adresse : CODP ohrc.on.ca/fr/document-de-travail-vers-une-politique-de-la-commission-sure-lidentité-sexuelle.

[15] R. Longman et coll. « Experiences of Transphobia among Trans Ontarians », Trans PULSE E-Bulletin, vol. 3, no 2, 7 mars 2013, en ligne à l’adresse : Trans PULSE www.transpulseproject.ca.

[16] Greta Bauer et coll. « "I Don’t Think This Is Theoretical; This Is Our Lives": How Erasure Impacts HealthCare for Transgender People », Journal of the Association of Nurses in AIDS Care, vol. 20, no 5, 2009, p. 348, à la page 356, en ligne à l’adresse : Trans PULSE http://webctupdates.wlu.ca/documents/39345/Trans_PULSE._How_erasure_impacts_HC_for_TG_people._JANAC_2009.pdf

 

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