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Commission ontarienne des droits de la personne : Plan stratégique 2017-2022

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PLACER LES PERSONNES ET LEURS DROITS AU CENTRE DE NOS PRÉOCCUPATIONS
Favoriser la responsabilisation en matière de droits de la personne

 
Commission ontarienne des droits de la personne : Plan stratégique 2017-2022

 

Message de la commissaire en chef : Les droits de la personne à la croisée des chemins

La Commission ontarienne des droits de la personne (CODP) a eu de nombreuses conversations avec près de 300 personnes, représentant plus de 80 organismes, qui ont renforcé sa détermination à promouvoir et à faire appliquer les droits de la personne, à nouer des relations fondées sur la dignité et le respect, ainsi qu’à créer une culture de conformité et de responsabilisation en matière de droits de la personne à l’échelle de l’Ontario.

Le nombre des personnes qui s’investissent personnellement dans l’action de la CODP et qui se soucient profondément de sa réussite continue de m’étonner. Ces intervenants nous ont encouragés à exercer notre mandat unique afin de lutter contre le racisme envers les Noirs, l’islamophobie et la discrimination persistante en matière d’emploi et dans le système de justice pénale, ainsi que de promouvoir la réconciliation avec les Autochtones et les droits des enfants et des jeunes. Ils nous ont implorés d’agir à la racine de bon nombre des inégalités actuelles : le risque omniprésent de pauvreté que courent les personnes handicapées, les personnes à identités sexuelles variées et bien d’autres personnes que le Code est censé protéger.

Au cours de nos discussions, un autre thème plus vaste est également apparu : le sentiment que nous nous trouvons à la croisée des chemins, à un moment auquel notre société doit prendre des décisions cruciales qui auront de lourdes conséquences dans le domaine des droits de la personne à l’avenir. Alors que notre société continue de se diversifier, la réalité vécue par les personnes qui disposent des privilèges et du pouvoir contraste largement avec celle des personnes qui continuent de vivre en marge de la société. En 2016, des personnes autrefois silencieuses (ou forcées à l’être) ont fait davantage entendre leur voix pour demander une société plus juste – ni demain, ni dans un délai indéterminé, mais dès aujourd’hui.

La question centrale est donc de savoir si les droits de la personne sont le point de départ de toutes les décisions en matière de politiques publiques ou si l’on peut s’en passer lorsqu’ils entrent en conflit avec la volonté majoritaire ou bien avec d’autres priorités ou valeurs contradictoires. La réponse se trouve au cœur des différents mouvements sociaux axés sur la lutte contre le racisme envers les Noirs, sur la réconciliation avec les Autochtones, sur les droits des trans, des travailleurs et des personnes handicapées, ainsi que sur la violence sexuelle et l’égalité des sexes.

Ce plan stratégique décrit le rôle de la CODP dans ce moment décisif, en tant que chef de file qui fera entendre sa voix sur les nouveaux enjeux cruciaux relatifs aux droits de la personne et en tant qu’organisme qui exercera ses fonctions et ses pouvoirs pour s’assurer que les personnes et leurs droits sont véritablement au cœur des décisions que nous prenons en tant que société.

Le rôle de la CODP est de décrire et de lutter contre les formes de discrimination qui font rarement l’objet d’un arbitrage. Ce plan traduit ma conviction personnelle que nous sommes plus susceptibles de faire des progrès dans notre lutte contre la discrimination systémique si nous isolons des secteurs sociaux dans lesquels même de petites évolutions du paysage peuvent avoir des répercussions importantes à plus grande échelle, avant d’exercer toute l’étendue de nos fonctions et de nos pouvoirs pour apporter des changements dans ces secteurs prioritaires. Les lois de la physique s’appliquent : il est souvent nécessaire de concentrer ses efforts sur les systèmes les plus sclérosés et les plus complexes pour contribuer à faire en sorte que l’égalité matérielle devienne une réalité.

En mettant l’accent sur la réconciliation, le système de justice pénale, la pauvreté et l’éducation, nous supprimerons les effets discriminatoires engendrés par des systèmes plus vastes comme le colonialisme, le pouvoir étatique, l’affectation des ressources et l’enculturation – qui conduisent la quasi-totalité des groupes protégés par le Code, en particulier lorsqu’il y a intersection des identités, à être marginalisés et confrontés à des désavantages exacerbés ou qui perdurent.

Dans leur écrasante majorité, les intervenants nous ont toutefois indiqué être moins concernés par les priorités que nous choisissons et davantage intéressés par la manière dont nous agissons pour faire en sorte que la CODP ait un impact mesurable sur le paysage des droits de la personne. Comme l’a si justement dit un commissaire, « une marée montante soulève tous les bateaux ».

En conséquence, au-delà de nos principaux secteurs d’intervention, nous tâcherons d’adopter une approche axée sur la transformation. Nous mettrons l’accent sur les personnes et sur la collectivité, nous élaborerons des stratégies fondées sur des données probantes et nous fournirons des conseils pratiques. Peut-être plus important encore, nous continuerons de jouer un rôle de chef de file pour faire entendre notre voix sur l’ensemble des enjeux inscrits dans notre mandat et nous conserverons la capacité de gérer les nouveaux enjeux cruciaux concernant tous les motifs prévus au Code et les secteurs sociaux. Ces atouts fondamentaux constituent le cœur de notre action – ils nous permettront de faire preuve de dynamisme, de tirer des enseignements ainsi que de réfléchir et de travailler à notre vision d’une société inclusive où chaque citoyen s’efforce de promouvoir et de protéger les droits de la personne, où chaque personne est appréciée et traitée avec le même respect et la même dignité et où le respect des droits de la personne est une réalité vécue par tout un chacun.

Notre société est arrivée à un carrefour, à un moment où des décisions doivent être prises concernant les valeurs fondamentales censées orienter la politique sociale à l’avenir. Dans ce moment crucial, les conversations que j’ai eues dans toute la province confirment que les Ontariennes et Ontariens ont de grandes idées et privilégient des approches audacieuses pour résoudre les problèmes relatifs aux droits de la personne qui perdurent. La CODP doit mobiliser les membres du public en leur permettant d’agir à titre d’agents chargés de la responsabilisation. Nous savons que notre action produit le plus de résultats quand nous amplifions la voix des personnes les plus marginalisées et lorsque le public se fait l’écho de notre message sur les droits de la personne et demande que des mesures soient prises. Ensemble, nous pouvons créer une société où chaque citoyen se charge de promouvoir et de protéger les droits de la personne, ainsi que de favoriser la responsabilisation en la matière.

Veuillez agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

La commissaire en chef de la Commission ontarienne des droits de la personne,
Renu Mandhane, B.A., J.D., LL.M.

 

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