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Déclarations des porte-voix des jeunes (2017)

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Déclarations des porte-voix des jeunes

Le 30 novembre 2017

Porte-voix des jeunes, Histoire de cheveux (HairStory) | 1

Je m’appelle Anonyme  et j’estime qu’il était très important que je prenne la parole aujourd’hui au nom de ma communauté et d’autres jeunes noirs, parce que le fichage et le harcèlement policier sont des problèmes très fréquents auxquels mes frères et moi avons été confrontés lorsque nous grandissions dans la ville de Toronto. J’ai été interpellé sans aucune raison, tout simplement parce que je marchais dans la rue pour aller à l’école ou revenir à la maison, ou parce que je passais du temps et jouais au basketball avec mes amis.

Je ne suis pas ici non plus pour jouer à la victime et faire semblant que je ne me suis jamais trouvé dans des situations face aux forces de police où j’étais au mauvais endroit au mauvais moment ou en compagnie du mauvais groupe de personnes. Cependant, j’aimerais dire que dans ces situations, j’ai vu des êtres humains être très mal traités et ne pas être respectés, comme s’ils n’avaient aucun droit.

J’ai vu des agents de police courir derrière mes frères et moi, armes à la main, et si quelqu’un avait un cas en souffrance au sein du système de justice ou était en libération conditionnelle, ils nous demandaient la permission de nous fouiller sans quoi ils allaient accuser le jeune d’avoir omis de se conformer à un ordre de la police sans aucune raison valable et, bien entendu, nous leur permettions de nous fouiller pour que notre ami ne soit pas accusé pour rien, ce qui aurait déçu ses parents.

Les policiers semblent oublier que nous sommes des êtres humains qui avons une famille qui nous aime et qui a le cœur brisé lorsqu’elle apprend que ses enfants, ou son frère ou sa sœur, ont eu des démêlés avec la justice simplement parce qu’ils voulaient se défendre contre l’injustice. Lorsque j’étais à l’école secondaire, je me souviens que mes amis et moi jouions au basketball et nous amusions lorsque la police Tavis est passée à bicyclette et a arrêté la partie de basketball pour nous demander nos renseignements personnels, comme elle avait l’habitude de le faire tous les jours. Mon ami estimait qu’il n’avait pas à arrêter la partie de basketball en raison de cette interruption indésirée et qu’il était fatigué des mesures illégales de la police. Il a donc décidé de ne pas se laisser faire. Il a alors déclaré « Non, je n’arrêterai pas de jouer au basketball; personne n’a commis de crime et vous, les gars, gaspillez notre temps et le vôtre ».

Les policiers ont décidé qu’ils n’aimaient pas voir un jeune homme noir qui connaissait ses droits leur tenir tête et ils ont décidé de lui donner une leçon en le retenant derrière une barrière et en le rouant de coups. Je ne sais pas ce qu’ils essayaient de prouver, mais il me semble que s’ils arrivaient à faire plier le courageux, le reste d’entre nous ne leur tiendrait plus jamais tête. Nous nous sommes sentis, mes frères et moi, impuissants et moins que des êtres humains. Nous avions l’impression de ne pas faire partie d’un groupe important de la société et qu’il ne servait à rien de vouloir s’en sortir parce que la police avait le pouvoir de nous priver de toute joie. Je ne dis pas que le fichage n’a eu que des effets négatifs, mais la plupart du temps, il donne des résultats négatifs.

Depuis ce jour-là, mon ami a décidé de s’en sortir et il est parti aux États-Unis pour faire carrière dans le basketball grâce à une bourse d’études, déclarant qu’il ne voulait plus jamais se retrouver dans une pareille situation. Par conséquent, au lieu de briser son esprit, ils ont ravivé la flamme, cette même flamme qui m’a inspiré à ne jamais me contenter de moins dans la vie et à rechercher l’excellence.

Depuis que la loi sur le fichage a changé en janvier, je n’ai pas fait personnellement l’objet d’un traitement injuste par les forces de l’ordre. Cependant, mes amis m’ont dit qu’ils avaient continué d’être interpellés sans raison et qu’on leur avait donné des excuses pour expliquer pourquoi ils avaient été ciblés pour une discussion. Ils estiment cependant que ces excuses ne sont qu’une tactique détournée permettant à la police d’entamer une conversation avec eux pour obtenir leurs renseignements.

Porte-voix des jeunes, Histoire de cheveux (HairStory) | 2

Des agents de police m’ont posé les questions suivantes « est-ce mon quartier? » et « est-ce ma voiture? » lorsque j’étais en route pour une audition. Ils m’ont demandé de leur montrer tous mes renseignements personnels alors que je n’avais rien fait de mal et que je respectais la limite de vitesse.

J’étais au volant de la voiture rouge de ma mère, une Kia Optima. (Jolie voiture n’est-ce pas?!), tout en me demandant d’ouvrir le coffre.

Ce que vous me dites en fait c’est que « les jeunes et les adultes noirs ne peuvent pas conduire de belles voitures? »

Nous devons mettre un terme à la pratique du profilage racial à Toronto. Est-ce normal que des agents de police à Toronto arrêtent un jeune conducteur noir pour une infraction supposée au Code de la route, pour l’interroger et parfois le fouiller?

Je pense que la police nous prend pour des criminels et nous met tous dans le même panier alors que nous sommes différents.   

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