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Message de la commissaire en chef Renu Mandhane

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Canada 150 : donner vie à nos aspirations

Cette année, le Canada et l’Ontario ont entamé les célébrations du 150e anniversaire de la Confédération. Ces festivités renforcent l’image du Canada, qui est celle d’un pays où les réfugiés sont les bienvenus, où la diversité est mise à l’honneur, où le multilatéralisme est encouragé, et où l’avenir s’annonce radieux. En bref, le Canada est devenu la référence à opposer aux dirigeants du monde entier qui prônent l’exclusion, l’isolement et la peur. Même le New York Times, conquis, classe le Canada en tête des pays à visiter et des destinations « tendance ».

Comme vous, je veux croire que l’Ontario est un lieu de diversité où chacun peut participer à la société sans discrimination. Dans cette optique, la Commission ontarienne des droits de la personne (CODP) a lancé un nouveau plan stratégique axé sur la réconciliation avec les peuples (autochtones) des Premières Nations, métis et inuits, le respect des droits de la personne dans le système de justice pénale, la lutte contre la pauvreté sur le plan des droits de la personne, et l’éducation de la prochaine génération en ce qui concerne les droits et les responsabilités. Nous nous sommes engagés à placer les personnes au centre de nos préoccupations, tout en proposant des solutions pratiques et fondées sur des données probantes pour lutter contre la discrimination à laquelle elles font face.

De fait, malgré la tendance à l’autosatisfaction, mes conversations avec les Ontariennes et Ontariens ont clairement rappelé que nos actions collectives doivent être à la hauteur de nos aspirations. À Kenora, nous avons appris que le conseil municipal avait rejeté une motion visant la modification d’un règlement de zonage qui aurait autorisé la prise en charge des Autochtones dans un refuge qui fait si cruellement défaut au centre-ville. Dans la prison de Thunder Bay, nous avons rencontré Adam Capay, un jeune homme de la Première Nation du lac Seul détenu en isolement cellulaire depuis plus de quatre ans, constatant ainsi les conséquences désastreuses de cette peine sur sa santé. À Toronto, les jeunes afro-caribéens nous ont fait part de leur vécu des mécanismes de regroupement selon les aptitudes. Nous avons entendu le témoignage de nouveaux arrivants francophones racialisés à propos de la discrimination unique face à l’emploi à laquelle ils sont confrontés dans des villes comme Hamilton. Et à Ottawa, la communauté musulmane nous a parlé de l’anxiété exacerbée qu’elle ressent depuis la fusillade de Québec, et du deuil qu’elle vit suite à la mort d’Abdirahim Abdi aux mains de la police.

Chacune de ces discussions met en avant la réalité vécue de la discrimination systémique, et la poursuite de la colonisation subie par les peuples autochtones, qui ne voient pour la plupart aucune raison de célébrer le cent cinquantenaire.

Sur chacune de ces questions et sur beaucoup d’autres, la CODP a parlé d’une voix forte pour défendre les droits de la personne des populations vulnérables et marginalisées. Nous nous sommes fait entendre dans des circonstances difficiles, voire importunes. Nous avons entamé le débat tendu au sujet de l’autorisation des prières du vendredi pour les élèves musulmans du palier secondaire dans la région de Peel. Nous nous sommes opposés à la détention arbitraire et illimitée des migrants dans les prisons de la province. Nous avons exhorté le tribunal disciplinaire des services policiers de Toronto à envisager la question du profilage racial lors de l’audience de deux policiers qui ont tenu sous la menace d’une arme et agressé quatre adolescents noirs se rendant à une séance de tutorat dans le quartier de Lawrence Heights (même après notre exclusion des débats).

Le silence n’est pas une option. Surtout lorsque des personnes ont le courage de nous raconter leur vécu et leurs expériences, en s’exposant souvent à de grands risques. Et surtout lorsque nous savons que les victoires en matière de droits de la personne se remportent rarement sans sortir des zones de confort.

Faire respecter les droits de la personne est un combat qui exige de la détermination… et des reins solides. L’an passé, la CODP a reçu une multitude d’appels, de courriels et de messages particulièrement haineux sur les médias sociaux. Si cette négativité ambiante peut être usante, elle n’en montre pas moins clairement que nous ne prêchons plus les convaincus. Nous mettons les gens mal à l’aise en les appelants à exercer le pouvoir différemment pour faire bouger les choses. Même si cela semble parfois difficile à croire, c’est à cela qu’on reconnaît le progrès.

Nos efforts collectifs sont en train de porter leurs fruits. Nous établissons de nouvelles relations, fondées sur la confiance et le respect mutuels, avec les Autochtones. Nous avons donné aux jeunes les moyens de lutter contre l’islamophobie en œuvrant avec la collectivité au lancement de la campagne « Changeons de comportement ». Nous avons salué la loi d’action contre le racisme, qui répond aux appels de longue date en faveur de la collecte de données ordonnée par le gouvernement dans des secteurs clés comme l’éducation, le maintien de l’ordre et le bien-être de l’enfance. Et nous faisons preuve d’un optimisme prudent vis-à-vis de l’engagement pris par le gouvernement de réformer le système correctionnel suite à nos travaux sans précédent sur l’isolement cellulaire.

À 150 ans, un pays est encore relativement jeune. Aussi la jubilation qui accompagne tout anniversaire doit-elle donner lieu à une réflexion sur le travail à accomplir pour s’assurer que les prochaines célébrations seront plus inclusives et auront plus de sens pour l’ensemble des personnes qui vivent en Ontario.

La route est semée d’embûches. Nous devons forger des relations de nation à nation avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits. Nous devons reconnaître le droit au logement et protéger la population contre la discrimination fondée sur le statut socio-économique. Nous devons rendre aux populations racialisées et autochtones la confiance dans les institutions publiques. Nous devons faire de la réussite de tous les élèves une priorité. En bref, nous devons lutter contre le racisme systémique sous toutes ses formes et instaurer une culture de responsabilité en matière de droits de la personne.

Lors de sa visite à Ottawa en juillet, le Président Obama encore en fonction a déclaré : « Le monde a besoin de plus de pays comme le Canada ». Nous avons encore beaucoup à faire avant de pouvoir nous poser de plein droit en modèle auprès d’autres nations. Il ne nous reste plus qu’à nous atteler à la tâche : ce n’est qu’en œuvrant tous ensemble que nous pourrons créer une société inclusive où le respect des droits de la personne est une réalité vécue par tout un chacun.

Renu Mandhane

Merci

Ce rapport annuel rend hommage au talent, à l’expertise et au dévouement des membres de notre personnel et de nos commissaires à temps partiel. Chacun d’eux met sa passion au service de notre action et l’éclaire de son point de vue.

Nous adressons tous nos remerciements aux commissaires à temps partiel Raja Khouri, Fernand Lalonde et Ruth Goba pour leurs nombreuses années de service. Et nous souhaitons la bienvenue aux commissaires nommés récemment : Karen Drake, Rabia Khedr, Kwame McKenzie, Bruce Porter, Maurice Switzer et Léonie Tchatat, qui feront valoir leurs analyses et leurs expériences diverses et singulières glanées aux quatre coins de la province. Comme toujours, nous sommes extrêmement reconnaissants envers les commissaires Julie Lee et Errol Mendes, dont les connaissances institutionnelles approfondies sont précieuses.

Nous remercions les membres de notre personnel qui contribuent par leurs connaissances et leur expertise à asseoir notre travail. Toutes nos équipes travaillent d’arrache-pied pour concrétiser notre vision de l’Ontario, quelle que soit leur spécialité : communication et gestion des problèmes, services juridiques et enquêtes, politique, sensibilisation, suivi et liaison ou encore services centralisés.

Enfin, nous n’oublions pas les autres piliers du système des droits de la personne de l’Ontario. Nous sommes impatients de poursuivre notre collaboration étroite avec le Centre ontarien d’assistance juridique en matière de droits de la personne (COAJDP) et le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario (TDPO) pour réaliser la vision du Code des droits de la personne (le Code).

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