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Lettre au rédacteur en chef publiée dans le magazine Maclean's

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Le 22 avril 2008

PAR COURRIER ÉLECTRONIQUE : letters@macleans.ca

Lettres au rédacteur en chef
Magazine Maclean’s
One Mount Pleasant Road
11e étage
Toronto ON M4Y 2Y5

Objet : Article « Free to Speak », édition imprimée du 28 avril 2008

Les rédacteurs du Maclean’s estiment que « les commissions des droits de la personne érodent les droits fondamentaux que la Charte confère à tous les Canadiens et Canadiennes ».

Avec tout notre respect, nous ne sommes pas d’accord.

Notre rejet des plaintes portées contre les articles du magazine Maclean’s témoigne de notre adhésion à la liberté d’expression. Notre appel à un débat et à une discussion va également dans ce sens.

Dans notre décision, nous avons expliqué que ces plaintes ne relevaient pas de notre compétence. La décision de ne pas entrer en matière a été prise après un examen attentif de la loi. Toute autre interprétation aurait porté atteinte à la liberté d’expression.

Une fois cette décision prise, nous étions libres de donner notre avis sur les questions soulevées. Nous avons suivi les principes que nous impose l’article 29 du Code des droits de la personne de l’Ontario, pour les deux aspects de notre mandat, à savoir « promouvoir et faire progresser le respect des droits de la personne… », afin de « créer un climat de compréhension et de respect mutuel de la dignité et de la valeur de toute personne », comme le précise le préambule du Code.

Les stéréotypes font du tort aux personnes et groupes ciblés, à leurs familles et leurs communautés, et en fin de compte, à nous tous. Depuis les attaques du 11 septembre, nous observons un nombre croissant de portraits négatifs des musulmans ainsi qu’une recrudescence de l’islamophobie. Comme le profilage racial et d’autres types de discrimination, l’attribution du comportement de certains individus à un groupe porte préjudice à tous les membres de ce groupe. Nous n’avons jamais manqué une occasion de l’affirmer.

Le magazine Maclean’s et ses rédacteurs sont libres d’exprimer leurs opinions. La Commission ontarienne des droits de la personne a, quant à elle, pour mandat de s’exprimer sur des commentaires qu’elle juge injustes et préjudiciables ou sur un comportement susceptible d’aboutir à de la discrimination.

Il ne faut pas oublier que la liberté d’expression n’est pas le seul droit protégé par la Charte. Cette dernière protège un vaste éventail de droits conférés à tous les membres de la société, dont le droit de vivre sans discrimination. Aucun droit n’est plus ou moins important qu’un autre, et la jouissance d’un droit dépend de la jouissance d’un autre. Cela signifie que si vous décidez de défendre le droit à la liberté d’expression, vous devez également être prêts à défendre le droit de vivre sans discrimination.

Le système des droits de la personne existe au Canada en partie pour exposer les préjudices et provoquer le débat et l’action. Nous avons appelé au débat et au dialogue; nous continuons à le faire.

Nous avons adopté des positions controversées par le passé et il ne fait pas de doute que nous serons amenés à le faire à nouveau. C’est inévitable parce que nous avons pour mandat de promouvoir le changement, de nous éloigner des stéréotypes injustes et des comportements discriminatoires pour nous tourner vers une culture des droits de la personne.

Nous sommes d’accord avec les rédacteurs du Maclean’s : les critiques ont le droit d’avoir leurs opinions. Parfois, nous devons être critiques. Nous avons le devoir, consacré par la loi, de nous exprimer sur les atteintes aux droits de la personne du jour et nous continuerons à le faire.

Meilleures salutations.

La commissaire en chef,
Barbara Hall