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Le S.S. St. Louis et les droits de la personne

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Par Chimme Dolma

Le 13 mai 1939, le navire S.S. St. Louis partit de Hambourg, en Allemagne en direction de La Havane, Cuba. Il fut l’un des derniers navires à quitter l’Allemagne nazie en 1939 avant le début de la Deuxième Guerre mondiale en Europe. Le navire transportait 937 réfugiés juifs qui avaient été persécutés en Allemagne après la terrifiante Kristallnacht, Nuit de cristal. Cette nuit-là, les magasins appartenant à des Juifs furent brûlés, leurs maisons détruites et il y eut beaucoup d’arrestations. Les passagers juifs laissèrent derrière eux de nombreux parents et amis, espérant les faire venir à Cuba après avoir gagné assez d’argent. Malheureusement, lorsque le navire arriva près de Cuba, le gouvernement cubain refusa l’entrée aux passagers. Ces derniers tentèrent d’entrer aux États-Unis et au Canada, mais ils furent rejetés et n’eurent pas l’autorisation d’accoster. Le S.S. St. Louis retourna donc en Europe et les passagers juifs furent envoyés dans des camps de concentration en Allemagne nazie. L’incident du S.S. St. Louis a révélé que les droits de la personne n’étaient pas enfreints uniquement en Allemagne, que le Canada n’a pas toujours été un pays exempt de racisme et que les autorités se sont servi des passagers juifs pour établir une thèse.

Cet événement négatif démontre que les droits de la personne étaient violés en Allemagne et dans d’autres pays. Les passagers du S.S. St. Louis étaient des familles juives fuyant l’Allemagne à cause des persécutions et de l’antisémitisme. L’antisémitisme, la discrimination contre les Juifs, devint très répandu en Allemagne nazie avant et durant la Deuxième Guerre mondiale. Voilà ce qu’est le racisme : une race exerçant de la discrimination contre une autre race. Le racisme est une enfreinte aux droits de la personne. Par exemple, aucun des passagers juifs du navire n’a été autorisé à entrer à Cuba, aux États-Unis, au Canada et dans d’autres pays de l’Ouest. Bon nombre de Canadiens étaient antisémites. Ils se disaient : « Si l’Allemagne ne veut pas d’eux, pourquoi devrions-nous? » Ils croyaient que les Juifs leur feraient du tort en volant leur argent et leurs emplois. En conclusion, les droits de la personne des Juifs furent violés simplement parce qu’ils étaient juifs.

Le Canada n’a pas toujours été antiraciste, car les Juifs qui étaient déjà au pays étaient déjà victimes de discrimination. Par exemple, certains magasins affichaient des pancartes disant : « Interdit aux Juifs ». Le Canada a été l’un des pays les moins réceptifs aux réfugiés. Pendant la guerre, il a admis seulement 5 000 Juifs et a rejeté de nombreux autres immigrants, y compris ceux du S.S. St. Louis. Le racisme était le principal motif du refus, mais les résidents craignaient également que des travailleurs à faibles coûts leur prennent leurs emplois. Cette crainte était conjuguée à des préjudices contre les immigrants, particulièrement les personnes de couleur et les non-chrétiens. Lorsque le Canada découvrit l’existence des camps de concentration nazis, les nombreux décès et les récits des survivants, il se rendit compte de son erreur. Il permit enfin aux Juifs d’entrer au pays après la guerre. 

Hitler aurait pu empêcher les réfugiés de quitter l’Allemagne, mais certaines raisons l’ont poussé à les laisser partir. Il les a laissés quitter l’Allemagne sur le S.S. St. Louis pour voir si d’autres pays les accueilleraient. Malheureusement, les résultats furent négatifs. L’Allemagne voulait se débarrasser des Juifs, mais les autres pays n’y accordèrent pas beaucoup d’importance au début. Pour lui, cela démontrait qu’il pouvait poursuivre son génocide sans que les autres pays lui opposent une résistance.

Outre le Canada, les États-Unis ont posé d’énormes difficultés aux Juifs allemands qui voulaient immigrer. Les visas coûtaient très cher et les familles devaient attendre longtemps avant de pouvoir s’enfuir. Avant même de pouvoir faire leurs valises, de nombreuses familles juives furent déportées vers les camps de concentration, abandonnant leurs emplois, leur argent et leurs possessions à l’État allemand. Durant l’Holocauste, 6 000 000 Juifs furent tués. En conclusion, si les pays avaient été suffisamment compatissants pour permettre aux familles juives d’immigrer, l’extermination des Juifs en Europe nazie aurait été moins destructive et répandue. 

En conclusion, le navire S.S. St. Louis est important, car il devait transporter les Juifs qui fuyaient l’Allemagne nazie vers un avenir meilleur. Le gouvernement canadien les a privés de cet avenir, mais il a mis à profit les fautes commises et, après la Deuxième Guerre mondiale, il a commencé à accepter des réfugiés du monde entier.

Le S.S. St. Louis nous rappelle la bataille menée par 937 Juifs et les énormes sacrifices qu’ils ont faits pour prendre ce bateau qui était sensé les mener vers la liberté. Je crois que les passagers Juifs du S. S. St. Louis se sont sentis abandonnés, négligés et non désirés. Ils avaient droit à un foyer et à la vie et ils ont été privés de ce droit. Par ailleurs, le gouvernement canadien refuse encore des réfugiés qui s’enfuient de leur pays pour venir ici. Tout comme dans le cas du S.S. St. Louis, des réfugiés qui tentent de venir au Canada sont rejetés parce que ce dernier leur porte préjudice. Le Canada doit jeter un regard sur son passé et réfléchir à ce qui est arrivé lorsque le S.S. St. Louis est venu ici pour obtenir assistance et liberté. 

Chimme Dolma étudie au Parkdale Collegiate Institute.