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Les droits des Ontariennes et Ontariens aveugles – nous avons parcouru beaucoup de chemin

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Par James W. Sanders, C.M.

J’ai voté dans toutes les élections fédérales, provinciales et municipales depuis que je suis devenu admissible en 1965. À ce moment‑là, ironiquement, moi‑même et les autres personnes aveugles n’étions pas légalement autorisés à faire partie d’un jury. Le Code des droits de la personne de l’Ontario était à ses débuts. Je suis certain que les défenseurs de cette époque consacraient la majorité de leurs ressources à informer les particuliers, les groupes et les organismes de leurs droits en vertu du Code. Nous avons parcouru beaucoup de chemin.

Nous apprécions généralement l’ampleur et la portée des progrès en regardant dans un rétroviseur. C’est certainement le cas pour ceux d’entre nous qui sont aveugles.

Nous absorbons environ 80 % de l’information avec nos yeux. Le défi pour les personnes aveugles consiste donc à trouver des options viables en utilisant leurs autres sens, principalement les oreilles et les doigts. Sans un autre mode d’accès à l’information, une page imprimée, le numéro de l’étage dans un ascenseur, l’étiquette sur une boîte de soupe ou un panneau routier restent silencieux et hors de portée.

Grâce à la technologie actuelle, les solutions à ces tâches quotidiennes sont simples et peu coûteuses. Cependant, la plupart des opérations habituelles que les personnes aveugles tiennent maintenant pour acquises ont été rendues possibles par le truchement de litiges en matière de droits de la personne. Heureusement, les documents en braille, sonores, en gros caractères et autres formats électroniques que les personnes aveugles peuvent lire indépendamment sont maintenant invariablement fournis par tous les paliers de gouvernement et les entreprises du secteur privé. Nous jouissons d’un degré d’égalité élevé et d’une indépendance accrue grâce à la disposition des plaintes pour enfreinte aux droits de la personne déposées par des personnes aveugles individuelles.

Les déplacements dans la communauté continuent de poser des enjeux pour les personnes aveugles, particulièrement celles qui perdent la vue lorsqu’elles sont âgées. Sans le soutien des conducteurs d’autobus, par exemple, nous ne savons pas si nous sommes sur le bon autobus ou si nous débarquons au bon arrêt. Grâce aux récentes décisions du Tribunal des droits de la personne et au travail de défenseurs individuels et de la Commission ontarienne des droits de la personne, de nombreux services de transport public en Ontario fournissent maintenant ces renseignements régulièrement.

Les litiges ont précédé tout changement systémique, notamment l’obtention de renseignements accessibles, et ont ouvert la voie à l’éducation, à l’emploi et à la pleine participation à la communauté de ceux et celles d’entre nous qui sont aveugles.

La colère, l’hostilité et la rancœur initiales créées par chaque enjeu lié aux droits de la personne sont bientôt remplacées par un soutien enthousiaste. Je sais de première main que le legs des visionnaires qui ont participé à la promulgation de la loi ontarienne sur les droits de la personne et des particuliers qui l’ont utilisée judicieusement est l’amélioration des choix de vie pour tous, aveugles ou clairvoyants.

James W. Sanders, C.M. est président et chef de la direction sortant de l’Institut national canadien pour les aveugles (INCA), président du Comité consultatif des normes d’accessibilité de l’Ontario de l’INCA et directeur général honoraire de la Sir Arthur Pearson Association of War Blinded (SAPA).