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Les droits des femmes pendant la Première Guerre mondiale au Canada

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Par Tenzin Sungrab

Pendant la Première Guerre mondiale, les droits des femmes et le suffrage féminin se sont répandus partout dans le monde ainsi qu’au Canada. On entend par suffrage féminin le droit des femmes de voter. À cette époque, les femmes étaient traitées différemment des hommes, du moins en ce qui a trait au droit de vote. Surtout, elles étaient considérées comme inférieures aux hommes, mais après de nombreuses années d’efforts acharnés et de protestations, les femmes se sont enfin retrouvées à égalité avec les hommes. On peut différencier les droits des femmes au Canada selon trois périodes, à savoir avant la guerre, pendant la guerre et après la guerre.

Avant la guerre, le mari ou le père possédait indirectement les femmes et enfants. Les lois de la Grande-Bretagne étaient responsables de ce code. La femme n’avait aucun droit de propriété, sauf sur sa propre terre et, une fois mariée, elle perdait la possession de sa terre et de l’argent qu’elle gagnait. Quant à l’homme, il pouvait faire tout ce qu’une femme n’était pas autorisée à faire. Ainsi, il pouvait vendre la ferme familiale, garder l’argent et laisser ses enfants et sa femme démunis. S’il mourait intestat, sa femme ne pouvait hériter. Sa succession comprenait tout l’argent qu’elle avait gagné et la terre qu’elle possédait avant le mariage.

Certains changements sont survenus avant la Première Guerre mondiale. En effet, jusqu’en 1891, un mari avait le droit de battre sa femme avec un bâton de la largeur de son pouce et de l’enfermer s’il le désirait. L’éducation était hors de portée des femmes de la classe ouvrière, mais à la fin du XIXe siècle, certaines universités commencèrent à accepter des femmes riches souhaitant faire des études menant à un diplôme, comme l’Université d’Oxford. Cependant, à cette époque les femmes et les hommes étudiaient séparément.

Après que ces changements eurent lieu, la campagne en faveur du suffrage féminin incita les femmes à devenir plus actives politiquement. En 1897, 17 groupes de femmes se réunirent pour former la National Union of Women’s Suffrage Societies (NUWSS). Les femmes protestaient pacifiquement. Ainsi, elles tenaient des réunions publiques, écrivaient aux politiciens et publiaient divers textes. En 1903, la « Women Social and Political Union » a été fondée au Canada. Puis, le mouvement devint plus violent et l’union fut renommée « Les suffragettes ».

Lorsque la Première Guerre mondiale a été déclenchée, le rôle des femmes a évolué : de mères, elles sont devenues monteuses de munitions. La guerre était plus importante que tout et la société s’intéressait peu au statut social des hommes et des femmes. La campagne en faveur du suffrage féminin cessa son militantisme et les suffragettes acceptèrent de participer à l’effort de guerre. On avait besoin des femmes pour combler les pénuries causées par le départ des hommes à la guerre.

À cette époque, les femmes devaient obéir aux ordres. Leur comportement devait refléter leur rôle de « mère ». Elles devaient s’habiller et agir convenablement. Elles étaient considérées comme inférieures aux hommes, légalement et socialement. Mais lorsque la guerre a éclaté, les choses commencèrent à changer. Des milliers de femmes recueillirent des fonds pour l’effort de guerre. D’autres femmes, inaptes au travail en usine ou à d’autres tâches, tricotaient des foulards et des chaussettes pour les soldats qui se battaient à l’étranger. Les femmes dont le mari, les fils et les frères étaient à la guerre obtinrent le droit de vote.

À la fin de la guerre, la situation se renversa et les postes comblés par les femmes en l’absence des hommes furent redonnés à ces derniers. On s’attendait à ce que les femmes retournent à leurs fourneaux et réassument leur rôle de femme au foyer au retour des hommes. Les femmes du front intérieur, les femmes autochtones et les immigrantes qui avaient travaillé durant la guerre commencèrent à lutter pour obtenir des droits égaux, notamment le droit de travailler comme les hommes. Elles détestaient être contrôlées par leurs maris. Certaines femmes qui avaient participé à l’effort de guerre étaient heureuses de travailler, car elles avaient des droits et étaient libres de prendre leurs propres décisions.

Le suffrage féminin n’était pas universel en 1918; les épouses et les mères des soldats l’ont obtenu par suite de la crise de la conscription. La conscription signifiait que tous les hommes physiquement aptes devaient se joindre à l’armée et que leur participation ne serait plus volontaire. Elle est survenue par suite de l’essoufflement du volontariat en 1917 et du nombre croissant de Canadiens décédés durant la guerre. Voulant obliger les hommes à se joindre aux forces armées durant la guerre, le gouvernement avait besoin de l’appui d’électeurs favorables à la conscription. Considérant les femmes ayant des liens de parenté avec les soldats comme étant d’éventuelles partisanes, il leur donna le droit de vote.

Somme toute, les femmes inspirèrent plus de respect après la Première Guerre mondiale parce qu’elles avaient travaillé très fort pendant la guerre. Les immigrantes obtinrent le droit de vote en 1960 et les femmes des Premières Nations en 1967. Même si bon nombre de femmes furent licenciées au moment où les hommes revinrent de la guerre, les attitudes ont changé en partie et pour toujours; grâce à leurs contributions, les femmes ont obtenu un traitement égal à celui des hommes.

Tenzin Sungrab étudie au Parkdale Collegiate Institute.