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Journée nationale des Autochtones : Réflexion sur le chemin menant à la réconciliation

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Juin 20, 2016

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À l’occasion de la 20e Journée nationale des Autochtones au Canada, nous reconnaissons et célébrons comme chaque année le patrimoine singulier, les différentes cultures et les nombreuses contributions des Premières Nations et des peuples métis et inuits (autochtones). En tant qu’organisme autonome du gouvernement, la Commission ontarienne des droits de la personne (CODP) estime que cette journée offre également l’occasion de réaffirmer notre engagement envers la réconciliation et la collaboration avec les communautés autochtones de l’Ontario.

Le système existant des droits de la personne en Ontario peut s’avérer utile lorsque les peuples autochtones sont confrontés à de la discrimination en milieu de travail, lorsqu’ils essaient de louer un appartement ou lorsqu’ils se rendent dans des magasins et des restaurants en tant que clients. La CODP s’occupe aussi des cas de discrimination systémique à l’égard des peuples autochtones, notamment dans les secteurs des services de bien-être de l’enfance, des services policiers et du système correctionnel.

Nous savons néanmoins que le système actuel a ses limites en matière de réponse aux relations singulières qui existent entre les peuples autochtones et la terre, de même que face à la réalité vécue par les peuples autochtones compte tenu de leur expérience du colonialisme, des pensionnats et du traumatisme intergénérationnel. Nous en avons appris davantage sur ces limites lors des travaux de la Commission de vérité et réconciliation et des débats sur l’enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées.

Nous avons appris que nous devons repenser le mode de collaboration entre la CODP et les peuples autochtones de l’Ontario. Nous avons rencontré plusieurs dirigeants, groupes, particuliers et jeunes autochtones afin de réfléchir à la meilleure forme de collaboration possible pour satisfaire les besoins urgents en matière de droits de la personne, notamment en incluant les droits protégés en vertu de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies.

Nous continuons d’apprendre que le processus est parfois tout aussi important que les résultats. Nous apprenons que les premières étapes consisteront à écouter, à comprendre et à nouer des relations de confiance.

Nous devons, le long du chemin, accepter, toutes et tous, des vérités difficiles. Nous apprenons que de nombreuses personnes autochtones considèrent que le système des droits de la personne de l’Ontario, qui met l’accent de façon restrictive sur la discrimination individuelle, n’est pas conforme à leurs propres processus traditionnels de règlement de différends ou à leur compréhension distincte des droits de la personne, qui sont souvent de nature plus collective et qui mettent l’accent sur une relation historique fondamentale avec la terre.

Lorsque le Code des droits de la personne a été rédigé, il y a plus de 50 ans de cela, les discussions avec les Premières Nations et les peuples métis et inuits n’ont pas été nombreuses, autant que nous le sachions. Par conséquent, dès le début, l’approche adoptée par le système des droits de la personne de l’Ontario a reflété l’approche qui a caractérisé depuis longtemps les relations du Canada avec les peuples autochtones : indifférence du gouvernement, inaction ou mise en œuvre de lois et de politiques visant à « aider » les peuples autochtones plutôt qu’à collaborer avec eux et à les habiliter à réaliser leur propre vision d’une société juste, équitable et libre.

Le défi consiste désormais à appliquer ce que nous avons appris aux activités de la CODP. Nous avons compris que toute collaboration valable doit tenir compte des souhaits des peuples autochtones et reposer sur leurs idées et expériences, et non pas les nôtres. Nous sommes déterminés à créer un cercle de la connaissance au sein duquel l’écoute des peuples autochtones est tout aussi importante que l’éducation des peuples autochtones sur leurs droits en vertu du Code. C’est le seul moyen pour la CODP d’entamer son périple vers la réconciliation avec les Premières Nations et les peuples métis et inuits de l’Ontario.   

Renu Mandhane, B.A., J.D., LL.M
Commissaire en chef
Commission ontarienne des droits de la personne