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À propos du 50e anniversaire du Code des droits de la personne de l’Ontario (1962 à 2012)

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par A. Alan Borovoy

Lors d’occasions comme celle-ci, on peut difficilement s’empêcher de comparer le passé au présent. Dans le cas présent, les comparaisons sont d’ordre monumental.

Un peu plus de deux décennies avant 1962, un navire transportant des Juifs fuyant le nazisme en Europe s’est vu refuser sans cérémonie la permission d’accoster au Canada. Le public a peu réagi à cet incident. Dans les années 1970, des bateaux remplis de Vietnamiens cherchant refuge du communisme en Asie ont non seulement été autorisés à accoster ici, mais dans bien des cas ont également reçu un soutien financier pour le faire.

À la fin des années 1930, un diplômé qui rentrait à Toronto après avoir fait de brillantes études en droit à l’université Harvard a été incapable de trouver un emploi au sein des firmes d’avocats à Toronto. Le diplômé qui cognait à des portes closes était Juif. Dans les années 1970, ce même diplômé est devenu juge en chef de la Cour suprême du Canada. Il s’agissait de Bora Laskin.

Dans les années 1940, la discrimination raciale, religieuse et ethnique était autorisée par la loi et socialement respectable. De nos jours, une telle discrimination est devenue illégale et est mal vue dans bon nombre de contextes sociaux. En effet, la quasi-totalité des administrations canadiennes possèdent aujourd’hui des lois interdisant la discrimination et des commissions des droits de la personne dotées d’un personnel à plein temps pour les administrer et les faire appliquer.

Qui aurait cru, il y a cinquante ans, que certaines de nos facultés de médecine et de droit les plus réputées admettraient davantage de femmes que d’hommes? Et qui, parmi les gens de bonne réputation, aurait osé défendre, voire même reconnaître, le droit au mariage entre personnes du même sexe.

Le Code des droits de la personne de l’Ontario est à la fois une conséquence de tous ces changements sociaux et un facteur qui les influence. En plus d’alimenter notre gratitude, notre expérience devrait aussi nous inspirer à redoubler d’efforts. L’injustice entre groupes sociaux demeure une réalité tenace. Les changements que nous avons observés démontrent qu’il est possible non seulement de combattre, mais aussi de stopper, une telle injustice. Selon moi, c’est cela que nous ont enseigné les cinquante dernières années.

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